Citation 1

"Quand on aime la vie, on ne lit pas. On ne va guère au cinéma non plus d'ailleurs. Quoi qu'on en dise, l'accès à l'univers artistique est plus ou moins réservé à ceux qui en ont un peu marre."

Michel Houellebecq

Citation 2

"Il n'est pas possible que, de gens qui ont besoin de parler et de gens qui ont besoin d'entendre, ne naisse pas un style"

Lopez dans L'espoir, d'André Malraux

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Jeudi 12 octobre 2006

Restons dans le bleu et auprès de Zidane. (Chacun ses obsessions.)

On a pu dire de Zidane – lorsqu’il a asséné un élégant coup de tête à quelque transalpin en mal d’amour – qu’il avait agi "comme un bleu". Derrière cette apparente lapalissade, on faisait ainsi référence à l’emportement des jeunes novices, à ceux que l’on appelle communément les "bleus-bites" ou plus simplement : les "bleus".

Mais pourquoi traite-t-on de "bleus" les bizuths de tous bords ?

L’origine de l’expression est militaire. A l’origine, un "bleu" c’est une jeune recrue. Les soldats plus expérimentés faisaient ainsi référence à la blouse bleue des jeunes gars venant de la campagne. Un bleu, c’est donc un plouc.

 

NB : Il existe une autre explication – moins convaincante à mes yeux – selon laquelle on faisait référence à la couleur bleue des uniformes de l’infanterie sous la Première République.

Mercredi 11 octobre 2006

A l’origine, le surnom « cordon bleu » désignait les chevaliers de l’Ordre du Saint-Esprit. Fondé par Henri III en 1578 et définitivement aboli par Louis-Philippe Ier en 1830, cet Ordre de chevalerie fut pendant deux siècles le plus prestigieux de la monarchie française. Les chevaliers portaient une croix suspendue à un large ruban bleu ciel, d'où le surnom de « cordon bleu ».

Par dérision, on a commencé à accorder aux bonnes cuisinières le titre de « cordon bleu ». On faisait ainsi référence à l’ancien tablier bleu des servantes, comparé exagérément à une décoration chevaleresque.

C’est un peu comme si un Zidane des fourneaux était aujourd’hui qualifié de « maillot bleu ».

Mardi 10 octobre 2006
Le cul posé sur une chaise, il médite à sa mesure. Il est en train de prendre conscience d’une statistique effrayante : il se dit qu’il a dû passer les trois quarts de sa vie éveillée en position assise. Assis toute la journée à l’école, au collège, au lycée, à l’université ; assis en cours, à la cantine, à la bibliothèque, à la cafétéria, dans la cour. Assis chez lui, devant son bureau, devant son ordinateur, devant sa télé. Assis à table, assis aux toilettes. Assis au restaurant, au café, au cinéma, au théâtre, chez ses amis, chez les gens. Assis dans l’avion, dans le train, dans le bus, dans le métro, dans la voiture. Assis à son travail.

Assis pour étudier, pour se cultiver, pour se détendre, pour jouer, pour discuter, pour se déplacer, pour travailler, pour se reposer, pour attendre, pour fumer, pour manger, pour boire, pour chier. A croire qu’il ne se lève que pour pisser.

Il fait partie de ces personnes qui, depuis l’enfance jusqu’à la mort, voient leur activité vitale réduite à une utilisation exclusive et productiviste de leurs capacités intellectuelles. Jamais il n’a eu à bâtir autre chose que des raisonnements, jamais il n’a eu à chasser, jamais il n’a eu à cueillir. Et il n’aura jamais à accomplir ces gestes, car d’autres toujours les accompliront pour lui. Avant, il se levait parfois pour aller pousser un chariot et rapporter quelques courses ; maintenant il commande par Internet.

Pour survivre, il n’a besoin que d’un siège et d’un écran. Comme bon nombre de ses pairs, il a coupé les ponts avec son lointain ancêtre l’homo erectus pour devenir un véritable homo sedentarius. Il n’est plus un bipède, mais un tripède ; son cul lui sert de socle.

Il a perdu le peu d’enthousiasme qui l’animait depuis ce matin. Il attrape un vieux soda tiède et boit. Il réalise à quel point se tenir debout plusieurs minutes relève du supplice et en vient à ne pas regretter tout ce temps passé sur des sièges.
Lundi 25 septembre 2006

Trop facile de distinguer un animal d’un végétal, me direz-vous : les animaux se déplacent alors que les végétaux se contentent de stagner. Mouais. Sauf que cela n’est ni parfaitement vrai ni particulièrement rigoureux.

Il existe en effet des animaux bizarres aux allures végétales : les éponges, les coraux, les anémones de mer, certains sénateurs… Ces animaux sont dits « zoophytes » et leur existence même démontre que la différence entre les deux règnes n’est pas si simple à établir.

Alors comment les scientifiques ont-ils fixé cette différence ?

Eh bien tout d’abord, végétaux et animaux ont un point commun : ce sont des eucaryotes. (Les eucaryotes, par opposition aux procaryotes, possèdent des organites cellulaires et un cytosquelette ; leur matériel génétique est enfermé dans un noyau ; et la multiplication de leurs cellules a lieu par mitose.) Mais au sein des eucaryotes, il y a des distinctions possibles.

Les végétaux sont des organismes autotrophes, c'est-à-dire qu'ils produisent leur propre matière organique à partir de sels minéraux puisés dans le sol et de dioxyde de carbone (assimilé par les feuilles grâce à l'énergie solaire). Ce mécanisme est d’ailleurs ce que l’on nomme la photosynthèse.

Les animaux, eux, n’ont pas cette capacité : ils sont hétérotrophes. Ils n’assimilent que la matière organique qu’ils ingèrent.

Les champignons non plus n’ont pas cette capacité. Mais ils se distinguent nettement des animaux, notamment parce qu’ils s’alimentent par absorption et non par ingestion : ils sont absorbotrophes.

Après, bien sûr, il y a toutes les petites saloperies microscopiques du type bactéries etc. Mais ces micro-organismes forment un règne à part.

Dimanche 27 août 2006
Je marche les pieds nus sur des coquilles d’œufs
Le sang trouve son chemin entre mes orteils
J’avance vers un avenir bien hasardeux
J’ai peur de rencontrer des tessons de bouteilles

 
 
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