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"Quand on aime la vie, on ne lit pas. On ne va guère au cinéma non plus d'ailleurs. Quoi qu'on en dise, l'accès à l'univers artistique est plus ou moins réservé à ceux qui en ont un peu marre."

Michel Houellebecq

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"Il n'est pas possible que, de gens qui ont besoin de parler et de gens qui ont besoin d'entendre, ne naisse pas un style"

Lopez dans L'espoir, d'André Malraux
7 juillet 2005 4 07 /07 /juillet /2005 00:00
On a tort de se réjouir d'une légère baisse du taux de chômage : cela n'a aucun sens. Le taux de chômage n'est qu'un faible indicateur de l'activité d'un pays. Pris isolément, il n'a qu'un intérêt mineur.

Prenons un exemple caricatural. Imaginons une société où la mobilité des travailleurs est très élevée : un salarié travaille un an pour un employeur, quitte cet emploi et en retrouve un autre au bout d'un mois. Dans ce cas précis, on peut très bien se retrouver dans une situation où le taux de chômage reste supérieur à 8% en permanence. (Il suffit que tous les mois, un douzième de la population se retrouve au chômage.) Pourtant, on peut légitimement considérer que l'économie tourne au "plein emploi". La période transitoire d'un mois occasionne un chômage qui n'est que "frictionnel" (elle correspond au temps nécessaire pour retrouver un emploi). La durée moyenne de chômage ne dépasse pas un mois, ce qui est très faible.

A l'inverse, on peut considérer une autre société avec un même taux de chômage de 8%, mais sans "turnover". Autrement dit, dans cette société, ce serait toujours la même tranche défavorisée de la population qui serait au chômage, et ce de manière durable (voire pour la vie entière). La durée moyenne de chômage serait alors illimitée.

Bref, on l'aura compris grâce à cet exemple extrême : il est idiot de disserter dans les médias sur l'évolution de ce fameux taux de chômage. Le véritable enjeu est celui de la durée moyenne du chômage. Mais bien sûr, on n'en parle jamais...

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commentaires

Charles Mérigot 09/07/2007 18:33

Merci de cette discussion sur la différence qui existe entre ce qui s'entend sur le chômage et sur ce qu'est le chômage.Les medias et les partis politiques ne s'intéressent pas au chômage d'où le fait que n'importe quel chiffre ou n'importe quelle donnée qui a l'apparence de la réflexion suffit à les satisfaire.Les médias et les politiques ne s'intéresseront au chômage que lorsqu'il sera d'une manière ou d'une autre un enjeu de pouvoir.

visiteur 25/07/2006 00:35

La duperie du modèle danois.
Vu sur le site http://www.actuchomage.org
Danemark et chômage : le modèle danois n'a aucun mérite
En 2004, le Danemark a plus de préretraités (187 200) que la France (139 700) pour une population active dix fois plus faible. Avec les autres mesures de marché du travail, le nombre réel de chômeurs est 2,52 fois le nombre officiel. Le taux de chômage réel devient 14,65 % au lieu d'un taux officiel de 6,38 %. La tromperie est dévoilée.Avec une évolution de sa population active identique à celle du Danemark depuis quinze ans, non seulement la France n'aurait plus aucun chômeur officiel, mais le chômage réel serait résorbé pour l'essentiel. Et cela sans introduire une plus grande flexibilité des contrats de travail.
Si de plus la France avait eu recours à la même proportion de préretraites que le Danemark (6,78 % de sa population active), le chômage réel aurait entièrement disparu et beaucoup d'emplois à temps partiel seraient redevenus des emplois à temps plein.Inversement, si la population active du Danemark avait augmenté dans la même proportion qu'en France (+12,1%), tout en créant aussi peu d'emplois (43 600 en quinze ans), le nombre de chômeurs aurait augmenté de 372 500 et le taux de chômage réel serait devenu 24,0 % de la nouvelle population active (après son augmentation).
Comme l'on voit, le succès apparent du Danemark ne doit rien à la flexicurité, mélange de flexibilité et de sécurité (discours bien connu). En fait, le modèle danois n'a aucun mérite pour résoudre le problème du chômage, une fois enlevés les artifices qui cachent le chômage réel et encore moins en tenant compte de la démographie de l'emploi.----
Au Danemark en 2004, pour un nombre officiel de 176 400 chômeurs, 268 300 personnes étaient enregistrées dans les "mesures de marché du travail" (labour market policy measures), des préretraites pour l'essentiel.. Le chômage réel était donc de 444 700 personnes.La population active étant de 2 766 300 personnes, le taux de chômage officiel était de 6,38 %. Mais, en réintégrant les 268 300 faux inactifs (préretraités ...) dans la population active, celle-ci devenait 3 034 600 personnes et le taux de chômage réel 14,65 %. Ce taux est un minimum, car ne prenant pas en compte les "invalides" pour raisons sociales.
En France en 2005, pour 2 420 000 chômeurs au sens de l'Anpe (catégorie Defm 1) et 2 717 000 chômeurs au sens de l'Insee, le nombre réel de chômeurs en équivalent temps plein était de 4 092 000, soit un taux de chômage réel de 14,53 % (compte tenu de la correction sur la population active) . Pour rester comparable aux données danoises, l'équivalent en chômage des emplois à temps partiel n'est pas pris en compte ici.Voir l'article Chômage officiel et chômage réel (2005) sur le même site http://travail-chomage.site.voila.fr/chomage/chom_reel2005.htm .----
Le modèle français est le plus honnête en matière de chômage, ou le moins habile pour en cacher l'étendue, comparé au modèle danois, anglais ou hollandais. Le recours aux préretraites massives est utilisé au Danemark, l'invalidité pour raisons sociales (sans réelle invalidité médicale) est la mesure principale en Angleterre (Royaume-Uni) et aux Pays Bas, ce qui n'empêche pas l'utilisation d'autres mesures pour cacher l'importance du chômage. Dans ces trois pays, le chômage réel est de deux à trois fois plus important que le chômage officiel et se trouve comparable au chômage réel en France.
----Enfin, le Danemark produit et exporte du pétrole et du gaz, ce qui arrange beaucoup les finances publiques et permet de payer un nombre considérable de préretraites pour faire baisser le chômage apparent en diminuant la population active.
----
Voir http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_merite.htm
pour un document trés complet et de grande qualité, avec des tableaux statistiques et les sources utilisées. D'autres aspects y sont aussi abordés : indemnités de chômage, coût du travail, durée effective du travail.
> En effet, cela vaut vraiment la peine d'aller voir le document original car tout est bien expliqué avec des informations sérieuses et issues des sources officielles (citées). Le texte peut être imprimé avec tous les traitements de texte (rtf).
 

visiteur 25/07/2006 00:28

 
Vu sur le site http://www.actuchomage.org
5 848 000 chômeurs "équivalent temps plein" en 2005
La moyenne annuelle en 2005 est de 5 848 000 chômeurs "équivalent temps plein" sur une population active occupée (ayant un emploi) de 24 921 000 personnes. La population active totale (occupée + chômeurs officiels) est d'environ 27 600 000 personnes (Insee, mais le mode de calcul varie selon les sources). En rétablissant les "dispensés de recherche d'emploi" qui sont en réalité des chômeurs, et donc des actif, la population active effective est d'environ 28 000 000 de personnes (chiffres à affiner).
Ainsi, le taux réel de chômage (en équivalent temps plein) est de 20,9%
Mais rassurez-vous, les pays comme le Danemark à la mode, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas ... qui affichent de très faibles taux de chômage officiel ne font pas mieux. Mais ils font autrement et sont moins honnêtes que nous.
Pour commencer, plus de la moitié des chômeurs ont été transformés en "invalides" dans les années 1991-1993 et le système a continué sur sa lancée. Des études de l'OCDE de 1995 et 1998 indiquent que dans plus de la moitié des 23 pays étudiés, le nombre d'invalides était supérieur au nombre de chômeurs inscrits.
Et une partie seulement des chômeurs est inscrite dans les statistiques officielles.Au Danemark par exemple, vous n'êtes chômeur que la première année. Ensuite, vous êtes "en activation" et vous disparaissez des staistiques. Et l'assurance chômage étant facultative, dans un système de caisses privées, gérées en fait par les syndicats (ce qui explique un taux de syndicalisation de 78%), plus de 20% des chômeurs n'ont pas cette intéressante allocation pouvant atteindre 90% de l'ancien salaire (plafonné). Il leur reste l'aide sociale, un peu comme l'ASS ou le RMI.
Voir le détail des calculs à cette adresse : http://travail-chomage.site.voila.fr/chomage/chom_reel2005.htm
Chômage officiel et chômage réel en 2005Les données officielles minimisent beaucoup l'importance du chômage. Voici un calcul précis et très révélateur du chômage réel  
Explication :Les chômeurs des catégories 1 à 3 sont des chômeurs à temps plein (aucun travail ou négligeable), ceux des catégories 6 à 8 sont des chômeurs à mi-temps (ayant travaillé plus de 78 heures dans le mois), donc des travailleurs à mi-temps (à distinguer des emplois à temps partiel). Les emplois en C.E.S. (20 heures par semaine) sont des demi-emplois, donc des demi-chômeurs (20/39e d'emploi). Les emplois à temps partiel représentent 23,2/39e d'un emploi complet (durée moyenne de 23,01 heures / semaine) et 17,2%  des 22 200 000 salariés sont à temps partiel.
La durée réelle moyenne de travail à temps plein est de 39,00 heures (enquête emploi), soit un horaire affiché de 35,65 heures (horaire officiel) auquel s'ajoutent les heures supplémentaires.
Pour le modèle anglais, voir aussi sur le même site : http://travail-chomage.site.voila.fr/index2.htm
 

visiteur 25/07/2006 00:22

Pour les économistes en herbe, voici trois sites bien utiles, à lire sans modération. Vous comprendrez mieux ce qu'est le chômage.
1 - Actuchômage
Le premier portail d'information et d'échange sur le chômage et l'emploi.Actualités de l'emploi et du chômage. Forums généraux et spécialisés, tous en relation avec le chômage, l'emploi, l'économie.
Site : http://www.actuchomage.org
2 - Travail, chômage et choix de sociétéL'importance du travail et du chômage résultent d'un choix de société. Le chômage réel doit tenir compte de l'invalidité, du temps partiel, des pré-retraites et autres artifices pour diminuer le chômage officiel dans les statistiques, de moitié ou plus.Le chômage réel peut disparaître en diminuant fortement la durée du travail et en développant la formation pour les emplois socialement utiles.
Site : http://travail-chomage.site.voila.fr/index2.htm
3 - Inter emploi
Le numéro vert des demandeurs d'emploi. Visibilité sur vos droits, accompagnement et conseil en ligne; des services gratuits et inédits pour réaliser vos démarches.Un service gratuit et optimal de prestations de retour à l'emploi conciliant technologie, qualité et proximité.
Site : http://www.inter-emploi.org
Même si vous ne vous sentez pas concernés aujourd'hui, ne perdez pas ces sites de vue. Cela peut aussi servir à une personne de votre famille ou de votre entourage.

M² 09/09/2005 17:39

Avez-vous remarqué que Bertrand Delanoë est keynesien en diable, ces derniers temps ?