Citation 1

"Quand on aime la vie, on ne lit pas. On ne va guère au cinéma non plus d'ailleurs. Quoi qu'on en dise, l'accès à l'univers artistique est plus ou moins réservé à ceux qui en ont un peu marre."

Michel Houellebecq

Citation 2

"Il n'est pas possible que, de gens qui ont besoin de parler et de gens qui ont besoin d'entendre, ne naisse pas un style"

Lopez dans L'espoir, d'André Malraux

Syndication

  • Flux RSS des articles

Recommander

Recherche

Publicité

Pensées variées et avariées

Vendredi 22 octobre 2004

Au parc des Buttes Chaumont, il y a de jolis écriteaux bizarres :

- "En cas de tempête, ce jardin sera fermé"

- "Pelouse fermée pour régénération"

Par Jonathan LAGIER
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 26 octobre 2004

A midi, j'ai vu un vieux. Y'en a beaucoup, alors forcément, des fois, j'en vois.

Mais je les regarde rarement pour de vrai.

Celui-là, il était vraiment vieux ; d'apparence en tous cas. Il marchait avec peine, avec une peine terrible, sans canne, sans béquille, mais sans vitesse. Il aurait pu aller plus vite en se laissant porter par l'érosion du trottoir en pente.

Il m'a fait une peine, une peine terrible. Son regard était vide. On aurait dit un chien mécanique, dont les piles arrivent à expiration. Son regard était vraiment vraiment vide. Sans la moindre lueur. Eteint.

Comment cet homme a-t-il pris la décision de sortir de chez lui ? Par nécessité ? Par défi ? Par hasard ? Derrière la vitre sans tain de son regard, derrière ce regard sans teint, y avait-il encore une machine en marche ?

On parle de la lumière du regard, et c'est vrai que les yeux ont le pouvoir de luire. Certaines personnes, plus heureuses, plus intelligentes, plus vivantes, ont les yeux qui brillent. Mais objectivement, leurs yeux brillent-ils vraiment ? Cela est pour moi une véritable énigme. Je me dis que tous les yeux, pris hors de leurs orbites, ont la même texture, le même aspect. Qu'est-ce donc qui les fait briller ?

Une chose est sûre, dans la rue ce midi, les yeux du vieux ne brillaient pas.

Par Jonathan LAGIER
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Mercredi 27 octobre 2004

J'ai envie de dire : "Alleluïa !".

L'Académie Goncourt a communiqué mardi 26 octobre 2004 sa dernière sélection en vue du prix qui sera décerné le 8 novembre. Le dernier roman d'Amélie Nothomb, Biographie de la faim, a été (enfin) retiré de la liste.

J'avoue que j'ai failli pleurer de soulagement. J'ai failli pleurer en pensant à tous ceux qui avaient dû faire une crise d'épilepsie posthume, bien au frais dans leur tombe, en apprenant que l'auteur nippo-belge faisait partie de la sélection initiale du jury. J'ai failli pleurer en pensant à Barbusse, à Proust, à Malraux, à Gary.

Et puis je me suis souvenu que Frédéric Beigbeder avait obtenu le prix Interallié l'an dernier, alors j'ai eu un fou rire nerveux.

Par Jonathan LAGIER
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 28 octobre 2004


J'avais juste envie de faire un commentaire à la fois pertinent et impertinent.


 

Le simple fait que ma langue maternelle me le permette m'emplit de joie au plus haut point.

 

 

Par Jonathan LAGIER
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 29 octobre 2004

L'esclavage a été aboli, je crois. Ce qui est plutôt bien.

Mais, on le sait, les "personnes de couleur", les blacks, en français : les Noirs, continuent d'exercer des professions ingrates et sous-rémunérées.

Le cliché est proche des vérités statistiques : les Noirs sont sur-représentés chez les videurs, les vigiles et les balayeurs de rue.

Mais que font les NoirEs ?

A Paris, beaucoup travaillent comme nounous. On les voit dans le bus, tenant sur leurs genoux de petits enfants blancs et richement vêtus.

C'est intéressant... Lorsqu'une femme blanche tient un enfant noir sur ses genoux, on pense immédiatement à une mère adoptive. Lorsqu'une femme noire tient un enfant blanc sur ses genoux, on pense immédiatement à une nounou. Comme quoi...

Mais les Noires sont également sur-représentées dans la restauration collective. Tous les jours, au restaurant administratif, je dis bonjour aux deux employées, noires toutes les deux, vieilles et encore belles malgré leurs cheveux gris. Elles me servent en souriant et je dis : "Merci Mesdames". La véritable avancée réside peut-être dans ce mot "Mesdames" qui vient conclure ma formule de politesse.

Pour résumer, les Noirs lavent nos rues, gardent l'entrée de nos portes, surveillent nos enfants et nous servent à manger. Nous les payons pour cela ; ils ne sont donc pas nos esclaves. Mais bon...

Par Jonathan LAGIER
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 3 novembre 2004

Pour le savoir, veuillez cliquer sur le lien ci-dessous :

Par Jonathan LAGIER
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 4 novembre 2004

A midi, comme tous les midis, j'ai pris le métro pour aller manger.

Et pour une fois il s'est passé quelque chose...

Un homme à côté de moi s'est fait agresser, verbalement d'abord, puis de plus en plus "physiquement". Il n'y a pas eu d'échanges de coups, heureusement. Pas d'armes brandies, non plus. Juste trois jeunes gens à l'air bête et méchant qui se sont massés autour d'un même homme. Juste de l'intimidation lâche comme on l'aime.

Au début, j'ai cru que c'était la bonne humeur automnale qui était à l'origine de cette promiscuité soudaine entre voyageurs. Et puis l'un des agresseurs a parlé de téléphone portable, un autre a commencé à s'agiter près des poches de l'agressé. Ce dernier s'est alors mis à gueuler, à insulter ses nouveaux amis. Là, j'ai commencé à comprendre que j'avais peut-être à intervenir.

C'est ce que j'ai fait. Je me suis interposé entre les deux "groupes". J'ai parlé avec une voix douce, j'ai dit qu'il faisait beau, que la vie était belle, et qu'il fallait rester cool, pas s'énerver et tout et tout... Bref, j'ai prononcé quelques phrases puissantes.

Cette intervention n'a peut-être servi à rien, car les agresseurs avaient commencé à se disperser, effrayés par les cris peu discrets de l'agressé. Mais au moins, il n'y a pas eu de bagarre.

Je suis satisfait d'être intervenu (dans le sens ou c'est toujours mieux que si je n'étais pas intervenu). Mais je me demande ce que j'aurais fait si les agresseurs avaient été plus costauds, plus violents ou plus armés...

Il était facile de briller ce midi dans le métro. En sortant, l'agressé m'a remercié. J'avais un peu honte et mes jambes tremblaient encore de peur.

Par Jonathan LAGIER
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Vendredi 5 novembre 2004

Au Parc de la Tête d'Or, à Lyon, on peut se promener.

On erre dans une atmosphère agréablement surannée, au milieu des barbes à papa, des manèges et des tricycles.

Et au détour d'un buisson, on se retrouve face à des girafes ou à des crocodiles. Enfermés derrière une grille, derrière une vitre.

La poésie s'éloigne lorsqu'on s'approche de l'enclos des éléphants. C'est terrible. Les gens s'arrêtent, regardent et rient. Alors on s'arrête, on regarde et on rit. On rit au début mais le rire cesse bien vite. Pourquoi rit-on et pourquoi cesse-t-on de rire ? Parce qu'on observe l'attitude surprenante des éléphants captifs.

Il y a deux éléphants qui font du surplace, qui trépignent sur trois de leurs pattes. Il regardent dans le vide. Et ils balancent la tête de gauche à droite, à un rythme régulier, sans interruption. Et leur trompe se balance de gauche à droite, à un rythme régulier, sans interruption. L'inertie est totale et effrayante.

Au début, on croit à un spectacle de dressage bien rodé, histoire d'amuser les enfants. Mais cela dure trop, cela n'en finit pas de durer. Alors on comprend. On comprend que ces éléphants sont devenus fous. On comprend et on souffre, puis on repart en tournant le dos aux éléphants neurasthéniques.

Par Jonathan LAGIER
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Lundi 8 novembre 2004

Mercredi prochain (le 20 novembre) sort dans les salles françaises le film Tarnation, de Jonathan Caouette.

Il y a plusieurs raisons d'aller voir ce film...

D'abord, le réalisateur a un joli prénom.

Ensuite, le concept même du film est génialement génial : le réalisateur a filmé sa vie depuis l'âge de 11 ans (il en a aujourd'hui 31) ; et puis un jour il a arrêté de filmer, et il s'est motivé pendant 3 semaines pour monter un long-métrage, à partir des rushes de sa vie. Ce film "fait à la maison" n'a coûté qu'une poignée de dollars. Il a été repéré et promu par Gus Van Sant. Il a été applaudi à Sundance et à Cannes.

Enfin, et c'est là l'essentiel, le titre du film est une anagramme de TARANTINO. Rien que pour ce hasard (?) combinatoire de bonne augure, je me sens contraint d'aller faire un peu de voyeurisme cinéphile mercredi prochain.

 

P.S. : Oui, on dit bien UNE anagramme !

Par Jonathan LAGIER
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 10 novembre 2004

Corinne Touzet

Par Jonathan LAGIER
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus