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Citation 1

"Quand on aime la vie, on ne lit pas. On ne va guère au cinéma non plus d'ailleurs. Quoi qu'on en dise, l'accès à l'univers artistique est plus ou moins réservé à ceux qui en ont un peu marre."

Michel Houellebecq

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Citation 2

"Il n'est pas possible que, de gens qui ont besoin de parler et de gens qui ont besoin d'entendre, ne naisse pas un style"

Lopez dans L'espoir, d'André Malraux
5 décembre 2006 2 05 /12 /décembre /2006 15:28

Les toutes premières horloges mécaniques ont été fabriquées à la fin du XIIIe siècle. Auparavant, pour savoir l’heure, on utilisait des cadrans solaires. Et même après l'invention de l'horloge, les cadrans solaires et les cadrans des horloges ont coexisté sur la façade des cathédrales.

Or, la civilisation dite « développée » s’est globalement « développée » dans l’hémisphère nord. Et dans l’hémisphère nord, le soleil parcourt le ciel d’est en ouest en passant par le sud. Autrement dit, les mouvements de l’ombre sur le cadran solaire se font précisément dans le sens « des aiguilles d’une montre ».

 

Ouest             Est
   
Sud

 

Ce sens naturel de rotation est ainsi devenu une convention mécanique, sans doute pour ne pas perturber les habitudes des consommateurs de l’hémisphère nord.

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2 novembre 2006 4 02 /11 /novembre /2006 18:13
Avant d’être attribué par défaut à tous les chiens anonymes, le nom "Médor" a eu son heure de gloire. Médor est en effet l’un des personnages principaux d’une œuvre littéraire illustre : Roland furieux (titre original : Orlando furioso), un poème épique constitué de 40 chants, composé au XVIe siècle par l’Italien Ludovico Ariosto, dit l'Arioste. Héritière lointaine de la Chanson de Roland, cette œuvre met en scène Charlemagne, Roger et Bradamante, Angélique, Roland et le fameux Médor.

Médor est un jeune et séduisant Sarrasin, doublement ennemi de Roland : non seulement, il appartient à l’armée adverse, mais il a également épousé Angélique, aimée de Roland. Ces noces anodines en apparence ont rendu Roland fou furieux – d’où le titre du poème.

Bref, Médor était un héros épique ; mais les siècles ont passé et l’usure du temps a fait perdre à ce nom un peu de sa superbe. Dans des circonstances inexpliquées, le nom "Médor" est réapparu au XIXe siècle pour désigner le célèbre "chien du Louvre", qui monta fidèlement la garde devant la tombe de son maître, victime de la Révolution de 1830 et enterré au pied de la colonnade du palais royal.

Ainsi est passé Médor du statut de chien d’Infidèle à celui de chien fidèle.


(Spéciale dédicace à JMLG)

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30 octobre 2006 1 30 /10 /octobre /2006 09:40
Le silence ne traduit pas nécessairement l'oisiveté. Et je sens un murmure poindre, au loin...

Ce matin, alors que je remontais la rue de Rennes vers la place du 18 juin 1940, j'ai croisé Raymond Domenech. Il poussait une poussette remplie d'une petite fille. Il souriait, il parlait à l'enfant. Il m'est apparu dans l'éclat du soleil d'hiver. Nous étions seuls sur le trottoir ; il n'y a pas eu le moindre échange entre nous. Mais --- bêtement --- je me suis senti joyeux.

Je me suis souvenu que je l'avais déjà croisé il y a plus de treize ans, alors que j'étais ramasseur de balles aux Jeux méditerranéens. Il entraînait à l'époque une jeune équipe d'Espoirs, dans laquelle évoluait un certain Zidane.
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13 octobre 2006 5 13 /10 /octobre /2006 12:08

La fontaine de Trevi est un monument de mauvais goût que tout le monde connaît. On sait qu’elle a été popularisée par le bain nocturne et érotisant d’Anita Ekberg dans La Dolce Vita, même si on n’a pas vu le film de Fellini. On sait que les touristes de tous horizons viennent y jeter des pièces de monnaie, en tournant le dos à la fontaine et en faisant le vœu de revenir à Rome.

Ce que l’on sait moins, c’est que la ville de Rome a coutume de collecter l’argent ainsi dilapidé, et de le reverser à la Croix-Rouge italienne. Et le butin n’est pas négligeable : plus de 10.000 euros par mois.

A noter qu’en 1996, un magistrat italien a estimé que la pêche aux pièces de monnaie dans la fontaine de Trevi n’était pas un délit. Le tribunal a ainsi jugé que ces pièces pouvaient être récupérées par quiconque, aussi bien par la municipalité que par les passants.

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12 octobre 2006 4 12 /10 /octobre /2006 11:54

Restons dans le bleu et auprès de Zidane. (Chacun ses obsessions.)

On a pu dire de Zidane – lorsqu’il a asséné un élégant coup de tête à quelque transalpin en mal d’amour – qu’il avait agi "comme un bleu". Derrière cette apparente lapalissade, on faisait ainsi référence à l’emportement des jeunes novices, à ceux que l’on appelle communément les "bleus-bites" ou plus simplement : les "bleus".

Mais pourquoi traite-t-on de "bleus" les bizuths de tous bords ?

L’origine de l’expression est militaire. A l’origine, un "bleu" c’est une jeune recrue. Les soldats plus expérimentés faisaient ainsi référence à la blouse bleue des jeunes gars venant de la campagne. Un bleu, c’est donc un plouc.

 

NB : Il existe une autre explication – moins convaincante à mes yeux – selon laquelle on faisait référence à la couleur bleue des uniformes de l’infanterie sous la Première République.

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11 octobre 2006 3 11 /10 /octobre /2006 11:57

A l’origine, le surnom « cordon bleu » désignait les chevaliers de l’Ordre du Saint-Esprit. Fondé par Henri III en 1578 et définitivement aboli par Louis-Philippe Ier en 1830, cet Ordre de chevalerie fut pendant deux siècles le plus prestigieux de la monarchie française. Les chevaliers portaient une croix suspendue à un large ruban bleu ciel, d'où le surnom de « cordon bleu ».

Par dérision, on a commencé à accorder aux bonnes cuisinières le titre de « cordon bleu ». On faisait ainsi référence à l’ancien tablier bleu des servantes, comparé exagérément à une décoration chevaleresque.

C’est un peu comme si un Zidane des fourneaux était aujourd’hui qualifié de « maillot bleu ».

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10 octobre 2006 2 10 /10 /octobre /2006 17:50
Le cul posé sur une chaise, il médite à sa mesure. Il est en train de prendre conscience d’une statistique effrayante : il se dit qu’il a dû passer les trois quarts de sa vie éveillée en position assise. Assis toute la journée à l’école, au collège, au lycée, à l’université ; assis en cours, à la cantine, à la bibliothèque, à la cafétéria, dans la cour. Assis chez lui, devant son bureau, devant son ordinateur, devant sa télé. Assis à table, assis aux toilettes. Assis au restaurant, au café, au cinéma, au théâtre, chez ses amis, chez les gens. Assis dans l’avion, dans le train, dans le bus, dans le métro, dans la voiture. Assis à son travail.

Assis pour étudier, pour se cultiver, pour se détendre, pour jouer, pour discuter, pour se déplacer, pour travailler, pour se reposer, pour attendre, pour fumer, pour manger, pour boire, pour chier. A croire qu’il ne se lève que pour pisser.

Il fait partie de ces personnes qui, depuis l’enfance jusqu’à la mort, voient leur activité vitale réduite à une utilisation exclusive et productiviste de leurs capacités intellectuelles. Jamais il n’a eu à bâtir autre chose que des raisonnements, jamais il n’a eu à chasser, jamais il n’a eu à cueillir. Et il n’aura jamais à accomplir ces gestes, car d’autres toujours les accompliront pour lui. Avant, il se levait parfois pour aller pousser un chariot et rapporter quelques courses ; maintenant il commande par Internet.

Pour survivre, il n’a besoin que d’un siège et d’un écran. Comme bon nombre de ses pairs, il a coupé les ponts avec son lointain ancêtre l’homo erectus pour devenir un véritable homo sedentarius. Il n’est plus un bipède, mais un tripède ; son cul lui sert de socle.

Il a perdu le peu d’enthousiasme qui l’animait depuis ce matin. Il attrape un vieux soda tiède et boit. Il réalise à quel point se tenir debout plusieurs minutes relève du supplice et en vient à ne pas regretter tout ce temps passé sur des sièges.
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25 septembre 2006 1 25 /09 /septembre /2006 10:15

Trop facile de distinguer un animal d’un végétal, me direz-vous : les animaux se déplacent alors que les végétaux se contentent de stagner. Mouais. Sauf que cela n’est ni parfaitement vrai ni particulièrement rigoureux.

Il existe en effet des animaux bizarres aux allures végétales : les éponges, les coraux, les anémones de mer, certains sénateurs… Ces animaux sont dits « zoophytes » et leur existence même démontre que la différence entre les deux règnes n’est pas si simple à établir.

Alors comment les scientifiques ont-ils fixé cette différence ?

Eh bien tout d’abord, végétaux et animaux ont un point commun : ce sont des eucaryotes. (Les eucaryotes, par opposition aux procaryotes, possèdent des organites cellulaires et un cytosquelette ; leur matériel génétique est enfermé dans un noyau ; et la multiplication de leurs cellules a lieu par mitose.) Mais au sein des eucaryotes, il y a des distinctions possibles.

Les végétaux sont des organismes autotrophes, c'est-à-dire qu'ils produisent leur propre matière organique à partir de sels minéraux puisés dans le sol et de dioxyde de carbone (assimilé par les feuilles grâce à l'énergie solaire). Ce mécanisme est d’ailleurs ce que l’on nomme la photosynthèse.

Les animaux, eux, n’ont pas cette capacité : ils sont hétérotrophes. Ils n’assimilent que la matière organique qu’ils ingèrent.

Les champignons non plus n’ont pas cette capacité. Mais ils se distinguent nettement des animaux, notamment parce qu’ils s’alimentent par absorption et non par ingestion : ils sont absorbotrophes.

Après, bien sûr, il y a toutes les petites saloperies microscopiques du type bactéries etc. Mais ces micro-organismes forment un règne à part.

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27 août 2006 7 27 /08 /août /2006 22:22
Je marche les pieds nus sur des coquilles d’œufs
Le sang trouve son chemin entre mes orteils
J’avance vers un avenir bien hasardeux
J’ai peur de rencontrer des tessons de bouteilles

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23 août 2006 3 23 /08 /août /2006 16:25
Il ne pourrait pas aimer une fille trop belle ; il manquerait d’objectivité.
Il ne pourrait pas aimer une fille trop laide ; il manquerait de désir.

Quand il voit une femme laide, assise seule à une table de restaurant, il sent monter les larmes. Il sait que cette femme dormira seule, ce soir et tous les autres soirs de sa vie. Un homme laid, au moins, peut aller voir les putes. Il aura toujours pu économiser un peu d’argent et détiendra donc le pouvoir – sans risque – de s’offrir un vagin. Mais la femme laide est seule, désespérément seule ; elle ne peut pas s’acheter un homme car l’homme – par sa force supérieure, par son potentiel de nuisance physique –, car l’homme lui fait peur ; il est une menace. L’asymétrie dans la force physique explique pourquoi la prostitution hétérosexuelle est un métier de femmes.

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