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Citation 1

"Quand on aime la vie, on ne lit pas. On ne va guère au cinéma non plus d'ailleurs. Quoi qu'on en dise, l'accès à l'univers artistique est plus ou moins réservé à ceux qui en ont un peu marre."

Michel Houellebecq

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Citation 2

"Il n'est pas possible que, de gens qui ont besoin de parler et de gens qui ont besoin d'entendre, ne naisse pas un style"

Lopez dans L'espoir, d'André Malraux
21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 17:30
Y a pas trop de couleurs dans le ciel de Paris
Y a juste un peu de blanc qui vire sur le gris
Tu marches dans les rues en salissant tes jeans
Tu rentres te soûler à la bière et au gin

C’est l’hiver à Paris
C’est triste comme la mer du nord
C’est l’hiver à Paris
Les gens ont froid dehors

Y a pas trop de gamins dans les parcs de Paris
Y a juste toi qui fumes sur un vieux banc pourri
Tu fumes sans plaisir pour chauffer la machine
Tu tousses à cause du froid et de la nicotine

C’est l’hiver à Paris
C’est triste comme un oiseau mort
C’est l’hiver à Paris
Les gens ont froid dehors

Y a pas trop de chaleur dans les baisers de Paris
Y a juste l’élan d’un mariage à la mairie
Tu embrasses ton mec comme on pioche à la mine
Tu sens avec la nuit l’ennui qui se dessine

C’est l’hiver à Paris
C’est triste comme un vieux qui dort
C’est l’hiver à Paris
Les gens ont froid dehors


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8 août 2006 2 08 /08 /août /2006 11:41

Alors c’est parti, je vais me la jouer pistolero. Un peu adolescent rageur. Un peu politiquement correct.

Je pense aux deux milliards d’amendements qui vont être déposés pour empêcher la fusion GDF-Suez. Je me dis que c’est rusé de se battre avec les armes de l’administration, pour mener un combat fondamental pour la société française. Je me dis…

Et puis non, je ne me dis pas ça du tout : je me dis que je n’en ai à peu près rien à battre de cette fusion de merde. On me dit que l’enjeu est énorme ? Peut-être, peut-être… Mais quoi ? N’y a-t-il pas plus urgent ? Plus fondamental ?

Bref, je m’énerve et je hurle comme un jeune loup – comme un jeune agneau plutôt. Je hurle parce que ce matin j’ai vu – comme tous les matins – la même femme sur le même quai de métro. C’est une sans-abri, une clocharde quoi. D’habitude, elle me fait un peu peur et un peu peine. Elle est sans âge, courbée, recourbée. Je n’ai jamais vu son visage.  Mais ce matin elle a toussé ; puis elle a retoussé et retoussé encore – fort, tellement fort qu’on l’entendait même à l’intérieur de la rame, les portes fermées. Elle toussait d’une toux d’agonie alors j’ai eu un peu mal au cœur. J’ai pensé qu’elle allait peut-être mourir ce matin, seule sur un quai de métro. J’ai pensé que peut-être je ne la reverrais pas demain.

Je suis sorti, maudissant intérieurement toute forme d’action politique – vaine, vaine, vaine. J’ai appelé le SAMU social une première fois – occupé –, puis une seconde fois en arrivant au bureau. Après six minutes d’attente, une voix me répond :

     Non Monsieur, le SAMU social ne s’occupe pas des personnes dans le métro. Désolé.

     Mais alors qui va s’en occuper ?

     C’est la SNCF ou la RATP, Monsieur. Il faut les appeler eux…

     Mais qui voulez-vous que j’appelle à la SNCF ou à la RATP ?

     Le mieux, c’est que vous alliez voir directement quelqu’un de la RATP à la station.

     Et le SAMU social ne peut pas se charger de faire ça ?

     Non Monsieur, nous n’intervenons que sur la voix publique.

     Mais si les agents RATP la font sortir du métro…

     Alors cette personne pourra faire appel au SAMU social. Cette personne ou quelqu’un comme vous qui appellera pour elle.

Les armes de l’administration…

Je suis finalement allé à la station Grands Boulevards. J’ai fait la queue avec les touristes. J’ai parlé au gars à la caisse ; il était jeune, gentil, pas encore blasé. Il a fini par céder à mes prières et il a appelé les pompiers. J’ai demandé si ma présence pouvait être utile à quoi que ce soit ; il a répondu que non.

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26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 11:09
Il y a des bizarreries dans la langue française, qui peuvent conduire à des conversations absurdes.

Exemple avec le verbe "louer" :
Le
locataire - Bonjour, c'est moi qui vous loue l'appartement.
Le
propriétaire - Ah non, je regrette, c'est moi qui vous loue l'appartement.

Autre exemple avec le mot "hôte" * :
L'inviteur - Veuillez vous considérer comme mon hôte.
L'invité - Euh... mais c'est vous qui êtes mon hôte.

Bref, certains mots ont des sens opposés selon leur emploi. Mine de rien, ça m'émeut.

Dans un genre analogue mais pas tout à fait, j'ai toujours cru que les expressions "faire long feu" et "NE PAS faire long feu" avaient le même sens ou du moins des sens très proches ; et ça m'énervait un peu. (Oh, juste un peu, de quoi éclater quelques biscottes à coups de pieds, de temps en temps.) En gros, je pensais que l'on pouvait dire indifféremment : "ça a fait long feu" ou "ça N'a PAS fait long feu" pour exprimer poliment l'idée selon laquelle : "ça a bien merdé dès le départ".

Eh bien en fait, non : ces expressions ont des sens différents. Je me réfère au TLFI.

Faire long feu = Manquer son but
Ne pas faire long feu = Ne pas durer longtemps

Un exemple lié à la sexualité ne sera pas développé ici, mais permettrait d'illustrer parfaitement l'écart de sens existant entre ces deux expressions.



* : A noter, que seul l'hôte qui reçoit a pour féminin "hôtesse", ce qui donnerait entre deux femmes :
L'inviteuSE
- Veuillez vous considérer comme mon hôte.
L'invitéE - Et vous comme mon hôtesse.



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11 juillet 2006 2 11 /07 /juillet /2006 09:47
Le bruit de couloir devient officiel : on va lui décerner le Prix Nobel. Il s'y prépare ; il est revenu pour ça. Oh, il avait bien quelques concurrents, plus ou moins flamboyants. Mais il a eu vite fait de les dépasser ; par certaines phrases subtiles, par certains poèmes bien sentis, il a su éclairer la littérature d'un jour nouveau.

Docile, il a déjà rejoint Stockholm, quelques jours avant la cérémonie - pour s'imprégner. Il y écrit des billets, sobres, purs, définitifs. Ses journées passent.

Le matin qui précède la remise du Prix, une lettre l'attend au comptoir de l'hôtel. Elle émane d'un écrivain jaloux, haineux, sans talent ; elle contient des propos à la hauteur de leur auteur - mais pas besoin de talent pour piquer là où c'est douloureux. Ligne après ligne, le futur Prix Nobel encaisse. Et le futur Prix Nobel souffre. Il souffre mais il se tait - sa plume se tait, elle se tait à jamais.

Il prend un taxi et un coupe-papier. Il sait très bien où aller et il s'est résolu à y aller. Il entre dans la chambre de celui qui aura su briser sa carrière, et lève le bras bien haut.

Dans le journal du soir, on apprend que le Prix Nobel de littérature ne sera pas décerné cette année.
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28 juin 2006 3 28 /06 /juin /2006 09:51
Prendre le métro, toujours. A un croisement dans le couloir, je vois cet homme, cette femme : ce couple. Ils sont vieux (enfin, ils ont trente-cinq ans) et ils s’embrassent comme des collégiens – goulûment ? pas vraiment – avec méthode, avec détermination. Le tour de langue est calibré : vitesse de rotation, nombre de tours avant extinction. Et puis, ils valident le processus par un bisou qui claque, lèvres contre lèvres – mission accomplie.

Alors ils repartent – lui en costard, elle en tailleur –, chacun vers sa vie. C’est triste la productivité.

***

Dans la rame, debout. Je vois une fille jolie ; je la regarde. Je la regarde sans discontinuer mais sans arrière-pensée, par pur sens de l’esthétisme – comme je regarde un joli coup franc ou une jolie bouche de métro. Elle, elle ne me regarde pas, et elle a bien raison : que verrait-elle, sinon quelqu’un qui la regarde ?
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19 juin 2006 1 19 /06 /juin /2006 11:21
Veuillez trouver ci-dessous la nouvelle campagne de pub Veolia.


Rappel du slogan : "Si on vous dit environnement, vous voyez quoi ?"
Ben... moi je vois ça :


Merci Veolia.


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18 mai 2006 4 18 /05 /mai /2006 22:22
Oui, alors déjà - même si je l'ai déjà dit - "anagramme" est un mot féminin. Une anagramme, donc. Ce point étant acquis, permettez-moi de prendre un M&M's - il faudra que je pense à compter combien il y en a dans un paquet un jour...

Je ne vais pas dire que j'aime Pascal Obispo, parce que je ne l'aime pas ; je ne vais pas dire non plus que j'aime Pablo Picasso, parce que ce serait comme dire que j'aime la paix ou le parmesan. Je vais donc me contenter de vous exposer un fait qui me réjouit bêtement : PASCAL OBISPO est une anagramme de PABLO PICASSO.

Je n'ai rien inventé : l'auteur-compositeur-interprète-moissonneur-batteur-robot-mixeur n'a eu de cesse de le répéter tout au long de la promo pour son nouvel album.

Au départ, j'ai cru qu'il avait choisi son pseudo exprès, et j'ai trouvé cela malicieux. Mais en cherchant un peu - grosse déception - j'ai appris qu'Obispo était son vrai nom et Pascal son vrai prénom. Il est le fils d'un ancien joueur de foot des Girondins de Bordeaux : Max Obispo.

Alors là, je me suis dit : c'est le père - ou la mère (Nicole) - qui a eu l'idée du prénom, de l'anagramme et tout, et j'ai trouvé cela malicieux. Deuxième déception : c'est un pur hasard selon l'intéressé (cf. la réponse à la dernière question
de cette interview).

Bilan : y a pas grand monde de malicieux dans la famille Obispo.

[Cet article d'un intérêt douteux m'a été suggéré par une certaine Pouni que je remercie chaleureusement pour son enthousiasme et sa curiosité un peu flasque.]
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20 avril 2006 4 20 /04 /avril /2006 22:17
Quand les gens ne sont pas contents et font un petit effort pour se coordonner, ils manifestent. Moi-même, il m’est arrivé de manifester.

Le but premier de toute manifestation est de battre le record de la plus grosse manif de tous les temps. Mais ce record est difficile à homologuer, tant les juges (et parties) divergent dans leur jugement. Les juges-arbitres pour ce concours de la plus grosse manif peuvent être divisés en deux grandes catégories : ceux qui font dans l’événementiel – les organisateurs – et ceux qui font dans  l’encadrement viril – les agents de police ou « flics », comme disent les jeunes. Ces deux catégories de juges rendent des verdicts systématiquement distincts, voire différents –  j’ai presque envie de dire « pas pareils ».

On ne passe pas nécessairement de douze à cinquante mille douze, mais les écarts sont tels qu’il est judicieux de se pencher sur les deux (voire trois) méthodes de comptage.

1/ La méthode des organisateurs :
    a. On chronomètre le temps de défilement du cortège.

    b. On en déduit la longueur du cortège, en faisant une hypothèse sur la vitesse moyenne de défilement (2 km/h pour la CGT, ce qui semble assez lent donc assez prudent).

    c. On estime le nombre de manifestants par mètre de cortège (plusieurs estimations sont effectuées sur différents tronçons puis moyennées), ce qui dépend grosso modo de la largeur des voies empruntées.

    d. On peut alors faire le calcul suivant : nombre de gens dans le cortège = longueur du cortège en mètres × nombre de gens par mètre.


Conclusion : on s’accordera à dire qu’un fort risque d’imprécision pèse sur la mesure des organisateurs.

2/ La méthode de la police pour les manifs pas trop grosses :
    a. On se place en un (ou deux) point(s) du cortège, pas trop près du début ni de la fin, et on compte les rangs qui passent avec un petit compteur manuel, un peu comme celui de la pub Axe.

    b. On mesure la largeur de la voie en ce(s) point(s), ce qui donne une assez bonne mesure de la largeur de la rangée.

    c. On en déduit le nombre de gens par rangée, en appliquant un barème (lequel ?) déterminant le nombre de gens par mètre de rangée.

    d. On peut alors faire le calcul suivant : nombre de gens dans le cortège = nombre de rangées du cortège × largeur d’une rangée en mètres × nombre de gens par mètre de rangée.


2bis/ La méthode de la police pour les manifs super grosses :
    a. On prend une photo depuis le ciel (en s’étant muni au préalable d’un avion, d’un hélicoptère ou d’une chauve-souris géante apprivoisée).
    b. On détermine ainsi la surface du cortège.
    c. On détermine (un peu au pif ?) le nombre de manifestants par mètre carré (1 personne au mètre carré, grand maximum).
    d. On peut alors faire le calcul suivant : nombre de gens dans le cortège = surface du cortège en mètres carrés × nombre de gens par mètre carré.

Conclusion : on s’accordera à dire qu’un fort risque d’arbitraire pèse sur la mesure de la police.

Pour un audit parfaitement objectif de ces méthodes de comptage, je vous encourage à visiter cette page. Merci. Au revoir.


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7 avril 2006 5 07 /04 /avril /2006 03:18
Il est 3 heures du mat, je sors de boîte.
Ah non, pardon : je sors de ma boîte ; je viens de finir ma journée de travail.

Mine de rien, ça prend du temps d'avoir un emploi. Et quitte à me répéter, je me répète : le blogueur n'est pas un robot multi-fonctions. Le blogueur est un être humain comme les autres, qui veut du temps libre pour le gaspiller dans des passe-temps débiles.

Vous l'aurez compris, mes chers douze fans (le treizième nous a quittés avant-hier), ce n'est ni par mépris ni par dégoût que je vous délaisse ces derniers mois. C'est le grand capital qui me grignote miette après miette. Les questions restent parfois sans réponses et les réponses restent toujours sans public. C'est triste - j'ai envie de dire : c'est grave.

Mais ce soir ce matin cette nuit maintenant, j'ai envie de vous dire que le blogueur est réapparu sous la croûte. Une réapparition brève mais ô combien jouissive qui m'autorise à m'épancher le plus égocentriquement du monde. Ce que je fais.

Merci à mon producteur, à mes sponsors, à ma mère qui est dans la salle ce soir... Je t'aime maman.

Et parce qu'il faut bien dormir un jour, et parce que je sens que je peux réveiller en vous cette curiosité malsaine qui vous amenait à fréquenter ce blog miteux, eh bien voici une liste de questions triées sur le volet. A vous de voter pour déterminer laquelle verra sa réponse publiée (dans les trois mois qui suivent).

1. A quoi servent les tétons des hommes ?
2. En quoi l’orgasme féminin est-il utile à la survie de l’espèce ?
3. Comment fait-on pour compter les manifestants dans une manif ?
4. Quel est le record d'apnée pour un être humain ?
5. Y a-t-il une réglementation sur les plaques d'immatriculation aux USA ?
6. Y a-t-il des animaux qui ne dorment pas ?
7. Quelle est l'origine des noms CAC40, Dow Jones et Nikkei ?

Merci d'avoir joué avec nous.
(Il faut absolument que je pense à m'acheter le nouveau numéro de L'Entreprise demain matin, dans 5 heures.)
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14 février 2006 2 14 /02 /février /2006 18:51
- Ah! Il est bien le nouvel Omo.
- C'est celui qui lave encore plus blanc que blanc.
- Moi, j'avais l'ancien Omo qui lavait plus blanc et il lavait déjà bien hein.
- Mais maintenant il y a le nouvel Omo qui lave encore plus blanc.
- Moi j'ose plus changer de lessive, j'ai peur que ça devienne transparent après.

Extrait de "La publicité" de Coluche

 

C'est bien gentil de se moquer comme ça, mais finalement, d'une certaine manière, eh bien ma foi, on pourrait presque considérer que certaines lessives lavent bel et bien "plus blanc que blanc". Comment ? Hé hé, il y a une ruse : les agents azurants.

En vieillissant, les tissus blancs jaunissent (ils absorbent la lumière visible dans
le bleu). Une solution pour remédier à ce petit problème (que je qualifierai de "problème du blanc dégueulasse") est d’utiliser des
agents azurants. Ces molécules ont une particularité physique étonnante : elles absorbent dans l’UV (invisible), et émettent dans le bleu. Ainsi on complète le spectre de la lumière émise par le vieux vêtement "blanc dégueulasse".

Exemple : en discothèque, la lumière noire est produite par des lampes UV, et
alors le bleu des agents azurants ressort d’autant mieux. Résultat : vos fringues sont "plus blanches que blanches". Mais ça marche aussi quand le temps est couvert : les nuages laissent passer les UV et votre T-shirt est super blanc malgré le manque de luminosité.

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