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Citation 1

"Quand on aime la vie, on ne lit pas. On ne va guère au cinéma non plus d'ailleurs. Quoi qu'on en dise, l'accès à l'univers artistique est plus ou moins réservé à ceux qui en ont un peu marre."

Michel Houellebecq

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Citation 2

"Il n'est pas possible que, de gens qui ont besoin de parler et de gens qui ont besoin d'entendre, ne naisse pas un style"

Lopez dans L'espoir, d'André Malraux
26 avril 2007 4 26 /04 /avril /2007 09:58
Le chien mâle, en urinant, marque son territoire. Ce message de domination est à la fois olfactif et visuel.

Lever la patte lui permet tout d'abord d'uriner à hauteur de truffe des autres chiens. Ainsi le signal est clair et direct : le chien errant reconnaît immédiatement la petite touche parfumée du maître de ces lieux.

Mais au-delà de ça
, le chien se comporte un peu comme un adolescent pré-pubère. Les jeunes garçons jouent à celui qui pissera le plus loin ; chez les canidés avisés, c'est à celui qui pissera le plus haut. Par ce geste élégant, le chien démontre sa supériorité à ses pairs. Pour se convaincre de la composante purement visuelle de cette pratique, on notera que, loin de toute exposition publique, les mâles cessent parfois de frimer. La nuit, on peut apercevoir un mâle dominant qui pisse assis dans une ruelle, qui pisse assis comme une femelle.

(Extrait de L'Encyclopédie amusante, J.Henri Agalanto, 1887)

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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 19:47
Quand on se balade dans la rue, on croise souvent des immeubles ou des maisons. Enfin, ça arrive, quoi... Et parfois on a rendez-vous -- par exemple -- au numéro 199. On arrive dans la bonne rue, on lève les yeux et on voit le numéro 7. Là on est un peu dégoûté et on se met à marcher, avec un enthousiasme feint.

Au bout de trois heures de randonnée, on arrive au numéro 197 et on est content. On se croit arrivé mais à l'immeuble d'après on lit : 197 bis. Puis au suivant -- si on est vraiment malchanceux -- on lit : 197 ter. En général, le calvaire s'arrête là, heureusement.

Mais que se passerait-il dans une rue conçue par un urbaniste pervers ? Quelle serait la norme au-delà du "ter "?

Bis, ter... et après ?
Bis-ter et moule de gomme... (oh oh oh)

La réponse se trouve dans les dicos de latin et dans les textes de loi. Je vous la livre ici-bas, parce que je me sens d'humeur urbaine :

bis
ter
quater
quinquies
sexies
septies
octies
novies
decies

... et je m'arrêterai là car ma curiosité a des limites. Bonsoir.
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4 février 2007 7 04 /02 /février /2007 18:19
Le poisson vivant nage sous l'eau ; le poisson mort flotte à la surface.

Derrière ce proverbe birman insensé et inventé, se cache une terrible vérité : le poisson mort flotte à l'envers.

Est-ce seulement par manque de dignité ? Non pas. La vérité est plus triviale et renvoie les poissons à leur condition animale, qu'ils ont trop tendance à oublier.

Dès sa mort, le poisson commence à pourrir intérieurement. L'intérieur de son ventre s'emplit de gaz, issu de la décomposition de ses organes. Ce gaz peu dense fait remonter le poisson à la surface. Et comme il est contenu dans le ventre de la bête, le cadavre se retourne et flotte le ventre à l'air.

Ainsi peut-on identifier immédiatement un poisson rouge décédé et cesser dès lors de le nourrir. La nature est décidément bien faite.


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18 décembre 2006 1 18 /12 /décembre /2006 09:12
Si vous ne l’avez jamais remarqué, ça va vous faire – soyons sobres – un énorme choc :

- Sur le pavé numérique d’un ordinateur ou d’une calculatrice, les chiffres sont rangés de gauche à droite et de bas en haut.

- Sur le clavier téléphonique, les chiffres sont rangés de gauche à droite mais de haut en bas !
 
Pavé numérique



Clavier téléphonique


Cette différence surprenante s’explique par une rupture significative dans l’histoire de l’ergonomie.

A l’origine, il y avait les machines à calculer et les caisses enregistreuses, dont les touches chiffrées étaient organisées dans un certain ordre, sans raison particulière. C’était ainsi et c’était homogène et personne ne se plaignait.

Là-dessus arrivent les ingénieurs d’American Telephone & Telegraph (AT&T). Ils ont un petit projet bien sympa : remplacer le bon vieux cadran téléphonique rotatif par des touches. Du coup, en 1960, ils cogitent et font quelques tests pour déterminer – entre autres choses – les configurations de touches les plus ergonomiques.

Et là c’est la surprise générale : les tests effectués auprès d’un échantillon d’utilisateurs conduisent à rejeter la disposition usuelle du pavé numérique – apparemment pas assez ergonomique. Une fois cette disposition évincée, la voie est ouverte à deux types de configuration : le cercle ou le pavé rangé dans l’ordre de lecture occidental (de gauche à droite et de haut en bas). C’est finalement le pavé "3 par 3 + zéro" qui l’emportera, pour des raisons techniques d’ingénierie.

Il ne faut donc pas s’étonner si les gens se sentent généralement plus à l’aise avec un téléphone portable qu’avec une calculatrice.


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13 décembre 2006 3 13 /12 /décembre /2006 15:33
On est mercredi alors on va faire simple. Simple, léger, accessible et néanmoins satisfaisant.

La question est la suivante : pourquoi - je dis bien "pourquoi" - est-ce que les films sortent au cinéma le mercredi ?

Eh bien apparemment, ce serait lié au fait que les enfants de jadis n'avaient pas classe le jeudi. Du coup, en semaine, les parents ne pouvaient décemment les emmener au cinéma que le mercredi soir. Il était donc tout naturel de proposer les nouveaux films dès le mercredi, pour allécher les familles sérieuses et rigoureuses.

Voilà, c'est tout.



(Dédicace tardive à
krys pour sa question.)


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5 décembre 2006 2 05 /12 /décembre /2006 15:28

Les toutes premières horloges mécaniques ont été fabriquées à la fin du XIIIe siècle. Auparavant, pour savoir l’heure, on utilisait des cadrans solaires. Et même après l'invention de l'horloge, les cadrans solaires et les cadrans des horloges ont coexisté sur la façade des cathédrales.

Or, la civilisation dite « développée » s’est globalement « développée » dans l’hémisphère nord. Et dans l’hémisphère nord, le soleil parcourt le ciel d’est en ouest en passant par le sud. Autrement dit, les mouvements de l’ombre sur le cadran solaire se font précisément dans le sens « des aiguilles d’une montre ».

 

Ouest             Est
   
Sud

 

Ce sens naturel de rotation est ainsi devenu une convention mécanique, sans doute pour ne pas perturber les habitudes des consommateurs de l’hémisphère nord.

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2 novembre 2006 4 02 /11 /novembre /2006 18:13
Avant d’être attribué par défaut à tous les chiens anonymes, le nom "Médor" a eu son heure de gloire. Médor est en effet l’un des personnages principaux d’une œuvre littéraire illustre : Roland furieux (titre original : Orlando furioso), un poème épique constitué de 40 chants, composé au XVIe siècle par l’Italien Ludovico Ariosto, dit l'Arioste. Héritière lointaine de la Chanson de Roland, cette œuvre met en scène Charlemagne, Roger et Bradamante, Angélique, Roland et le fameux Médor.

Médor est un jeune et séduisant Sarrasin, doublement ennemi de Roland : non seulement, il appartient à l’armée adverse, mais il a également épousé Angélique, aimée de Roland. Ces noces anodines en apparence ont rendu Roland fou furieux – d’où le titre du poème.

Bref, Médor était un héros épique ; mais les siècles ont passé et l’usure du temps a fait perdre à ce nom un peu de sa superbe. Dans des circonstances inexpliquées, le nom "Médor" est réapparu au XIXe siècle pour désigner le célèbre "chien du Louvre", qui monta fidèlement la garde devant la tombe de son maître, victime de la Révolution de 1830 et enterré au pied de la colonnade du palais royal.

Ainsi est passé Médor du statut de chien d’Infidèle à celui de chien fidèle.


(Spéciale dédicace à JMLG)

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13 octobre 2006 5 13 /10 /octobre /2006 12:08

La fontaine de Trevi est un monument de mauvais goût que tout le monde connaît. On sait qu’elle a été popularisée par le bain nocturne et érotisant d’Anita Ekberg dans La Dolce Vita, même si on n’a pas vu le film de Fellini. On sait que les touristes de tous horizons viennent y jeter des pièces de monnaie, en tournant le dos à la fontaine et en faisant le vœu de revenir à Rome.

Ce que l’on sait moins, c’est que la ville de Rome a coutume de collecter l’argent ainsi dilapidé, et de le reverser à la Croix-Rouge italienne. Et le butin n’est pas négligeable : plus de 10.000 euros par mois.

A noter qu’en 1996, un magistrat italien a estimé que la pêche aux pièces de monnaie dans la fontaine de Trevi n’était pas un délit. Le tribunal a ainsi jugé que ces pièces pouvaient être récupérées par quiconque, aussi bien par la municipalité que par les passants.

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12 octobre 2006 4 12 /10 /octobre /2006 11:54

Restons dans le bleu et auprès de Zidane. (Chacun ses obsessions.)

On a pu dire de Zidane – lorsqu’il a asséné un élégant coup de tête à quelque transalpin en mal d’amour – qu’il avait agi "comme un bleu". Derrière cette apparente lapalissade, on faisait ainsi référence à l’emportement des jeunes novices, à ceux que l’on appelle communément les "bleus-bites" ou plus simplement : les "bleus".

Mais pourquoi traite-t-on de "bleus" les bizuths de tous bords ?

L’origine de l’expression est militaire. A l’origine, un "bleu" c’est une jeune recrue. Les soldats plus expérimentés faisaient ainsi référence à la blouse bleue des jeunes gars venant de la campagne. Un bleu, c’est donc un plouc.

 

NB : Il existe une autre explication – moins convaincante à mes yeux – selon laquelle on faisait référence à la couleur bleue des uniformes de l’infanterie sous la Première République.

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11 octobre 2006 3 11 /10 /octobre /2006 11:57

A l’origine, le surnom « cordon bleu » désignait les chevaliers de l’Ordre du Saint-Esprit. Fondé par Henri III en 1578 et définitivement aboli par Louis-Philippe Ier en 1830, cet Ordre de chevalerie fut pendant deux siècles le plus prestigieux de la monarchie française. Les chevaliers portaient une croix suspendue à un large ruban bleu ciel, d'où le surnom de « cordon bleu ».

Par dérision, on a commencé à accorder aux bonnes cuisinières le titre de « cordon bleu ». On faisait ainsi référence à l’ancien tablier bleu des servantes, comparé exagérément à une décoration chevaleresque.

C’est un peu comme si un Zidane des fourneaux était aujourd’hui qualifié de « maillot bleu ».

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