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Citation 1

"Quand on aime la vie, on ne lit pas. On ne va guère au cinéma non plus d'ailleurs. Quoi qu'on en dise, l'accès à l'univers artistique est plus ou moins réservé à ceux qui en ont un peu marre."

Michel Houellebecq

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Citation 2

"Il n'est pas possible que, de gens qui ont besoin de parler et de gens qui ont besoin d'entendre, ne naisse pas un style"

Lopez dans L'espoir, d'André Malraux
25 septembre 2006 1 25 /09 /septembre /2006 10:15

Trop facile de distinguer un animal d’un végétal, me direz-vous : les animaux se déplacent alors que les végétaux se contentent de stagner. Mouais. Sauf que cela n’est ni parfaitement vrai ni particulièrement rigoureux.

Il existe en effet des animaux bizarres aux allures végétales : les éponges, les coraux, les anémones de mer, certains sénateurs… Ces animaux sont dits « zoophytes » et leur existence même démontre que la différence entre les deux règnes n’est pas si simple à établir.

Alors comment les scientifiques ont-ils fixé cette différence ?

Eh bien tout d’abord, végétaux et animaux ont un point commun : ce sont des eucaryotes. (Les eucaryotes, par opposition aux procaryotes, possèdent des organites cellulaires et un cytosquelette ; leur matériel génétique est enfermé dans un noyau ; et la multiplication de leurs cellules a lieu par mitose.) Mais au sein des eucaryotes, il y a des distinctions possibles.

Les végétaux sont des organismes autotrophes, c'est-à-dire qu'ils produisent leur propre matière organique à partir de sels minéraux puisés dans le sol et de dioxyde de carbone (assimilé par les feuilles grâce à l'énergie solaire). Ce mécanisme est d’ailleurs ce que l’on nomme la photosynthèse.

Les animaux, eux, n’ont pas cette capacité : ils sont hétérotrophes. Ils n’assimilent que la matière organique qu’ils ingèrent.

Les champignons non plus n’ont pas cette capacité. Mais ils se distinguent nettement des animaux, notamment parce qu’ils s’alimentent par absorption et non par ingestion : ils sont absorbotrophes.

Après, bien sûr, il y a toutes les petites saloperies microscopiques du type bactéries etc. Mais ces micro-organismes forment un règne à part.

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26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 11:09
Il y a des bizarreries dans la langue française, qui peuvent conduire à des conversations absurdes.

Exemple avec le verbe "louer" :
Le
locataire - Bonjour, c'est moi qui vous loue l'appartement.
Le
propriétaire - Ah non, je regrette, c'est moi qui vous loue l'appartement.

Autre exemple avec le mot "hôte" * :
L'inviteur - Veuillez vous considérer comme mon hôte.
L'invité - Euh... mais c'est vous qui êtes mon hôte.

Bref, certains mots ont des sens opposés selon leur emploi. Mine de rien, ça m'émeut.

Dans un genre analogue mais pas tout à fait, j'ai toujours cru que les expressions "faire long feu" et "NE PAS faire long feu" avaient le même sens ou du moins des sens très proches ; et ça m'énervait un peu. (Oh, juste un peu, de quoi éclater quelques biscottes à coups de pieds, de temps en temps.) En gros, je pensais que l'on pouvait dire indifféremment : "ça a fait long feu" ou "ça N'a PAS fait long feu" pour exprimer poliment l'idée selon laquelle : "ça a bien merdé dès le départ".

Eh bien en fait, non : ces expressions ont des sens différents. Je me réfère au TLFI.

Faire long feu = Manquer son but
Ne pas faire long feu = Ne pas durer longtemps

Un exemple lié à la sexualité ne sera pas développé ici, mais permettrait d'illustrer parfaitement l'écart de sens existant entre ces deux expressions.



* : A noter, que seul l'hôte qui reçoit a pour féminin "hôtesse", ce qui donnerait entre deux femmes :
L'inviteuSE
- Veuillez vous considérer comme mon hôte.
L'invitéE - Et vous comme mon hôtesse.



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20 avril 2006 4 20 /04 /avril /2006 22:17
Quand les gens ne sont pas contents et font un petit effort pour se coordonner, ils manifestent. Moi-même, il m’est arrivé de manifester.

Le but premier de toute manifestation est de battre le record de la plus grosse manif de tous les temps. Mais ce record est difficile à homologuer, tant les juges (et parties) divergent dans leur jugement. Les juges-arbitres pour ce concours de la plus grosse manif peuvent être divisés en deux grandes catégories : ceux qui font dans l’événementiel – les organisateurs – et ceux qui font dans  l’encadrement viril – les agents de police ou « flics », comme disent les jeunes. Ces deux catégories de juges rendent des verdicts systématiquement distincts, voire différents –  j’ai presque envie de dire « pas pareils ».

On ne passe pas nécessairement de douze à cinquante mille douze, mais les écarts sont tels qu’il est judicieux de se pencher sur les deux (voire trois) méthodes de comptage.

1/ La méthode des organisateurs :
    a. On chronomètre le temps de défilement du cortège.

    b. On en déduit la longueur du cortège, en faisant une hypothèse sur la vitesse moyenne de défilement (2 km/h pour la CGT, ce qui semble assez lent donc assez prudent).

    c. On estime le nombre de manifestants par mètre de cortège (plusieurs estimations sont effectuées sur différents tronçons puis moyennées), ce qui dépend grosso modo de la largeur des voies empruntées.

    d. On peut alors faire le calcul suivant : nombre de gens dans le cortège = longueur du cortège en mètres × nombre de gens par mètre.


Conclusion : on s’accordera à dire qu’un fort risque d’imprécision pèse sur la mesure des organisateurs.

2/ La méthode de la police pour les manifs pas trop grosses :
    a. On se place en un (ou deux) point(s) du cortège, pas trop près du début ni de la fin, et on compte les rangs qui passent avec un petit compteur manuel, un peu comme celui de la pub Axe.

    b. On mesure la largeur de la voie en ce(s) point(s), ce qui donne une assez bonne mesure de la largeur de la rangée.

    c. On en déduit le nombre de gens par rangée, en appliquant un barème (lequel ?) déterminant le nombre de gens par mètre de rangée.

    d. On peut alors faire le calcul suivant : nombre de gens dans le cortège = nombre de rangées du cortège × largeur d’une rangée en mètres × nombre de gens par mètre de rangée.


2bis/ La méthode de la police pour les manifs super grosses :
    a. On prend une photo depuis le ciel (en s’étant muni au préalable d’un avion, d’un hélicoptère ou d’une chauve-souris géante apprivoisée).
    b. On détermine ainsi la surface du cortège.
    c. On détermine (un peu au pif ?) le nombre de manifestants par mètre carré (1 personne au mètre carré, grand maximum).
    d. On peut alors faire le calcul suivant : nombre de gens dans le cortège = surface du cortège en mètres carrés × nombre de gens par mètre carré.

Conclusion : on s’accordera à dire qu’un fort risque d’arbitraire pèse sur la mesure de la police.

Pour un audit parfaitement objectif de ces méthodes de comptage, je vous encourage à visiter cette page. Merci. Au revoir.


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14 février 2006 2 14 /02 /février /2006 18:51
- Ah! Il est bien le nouvel Omo.
- C'est celui qui lave encore plus blanc que blanc.
- Moi, j'avais l'ancien Omo qui lavait plus blanc et il lavait déjà bien hein.
- Mais maintenant il y a le nouvel Omo qui lave encore plus blanc.
- Moi j'ose plus changer de lessive, j'ai peur que ça devienne transparent après.

Extrait de "La publicité" de Coluche

 

C'est bien gentil de se moquer comme ça, mais finalement, d'une certaine manière, eh bien ma foi, on pourrait presque considérer que certaines lessives lavent bel et bien "plus blanc que blanc". Comment ? Hé hé, il y a une ruse : les agents azurants.

En vieillissant, les tissus blancs jaunissent (ils absorbent la lumière visible dans
le bleu). Une solution pour remédier à ce petit problème (que je qualifierai de "problème du blanc dégueulasse") est d’utiliser des
agents azurants. Ces molécules ont une particularité physique étonnante : elles absorbent dans l’UV (invisible), et émettent dans le bleu. Ainsi on complète le spectre de la lumière émise par le vieux vêtement "blanc dégueulasse".

Exemple : en discothèque, la lumière noire est produite par des lampes UV, et
alors le bleu des agents azurants ressort d’autant mieux. Résultat : vos fringues sont "plus blanches que blanches". Mais ça marche aussi quand le temps est couvert : les nuages laissent passer les UV et votre T-shirt est super blanc malgré le manque de luminosité.

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27 janvier 2006 5 27 /01 /janvier /2006 14:41
Tout ça c'est un peu grâce à Maïté.



C'est elle qui m'a agité l'esprit, alors que je regardais paisiblement une rétrospective sur "le meilleur de la télé-réalité", l'autre soir sur TF6.
(TF6, c'est la quintessence de ce qui se fait de mieux sur TF1 et M6.)

Lors d'un retour sur la glorieuse émission Nice People, apparaît à l'écran notre dure à cuire ("sur la qualité on me la fait pas") qui se met à expliquer à l'Italien de service
(fort bête au demeurant) que les poules pondent - je cite - "par le trou du cul". Etonnement de l'Italien, étonnement de votre serviteur.

Personnellement, je pensais que les poules avaient au moins deux orifices... Eh bien non, comme tous les oiseaux, les poules ont bien plusieurs conduits (intestinal, urinaire et génital), mais un seul orifice : le cloaque. Par cette même cavité sont évacués les oeufs, les fientes et les coqs trop hardis.
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8 décembre 2005 4 08 /12 /décembre /2005 11:09
Tous les quinze soirs, j'ai la joie d'écouter d'une oreille attentive l'hymne de la Ligue des Champions à la télévision française. C'est grandiose, c'est réaliste, c'est... exhortatif. On se sent porté comme par un chant guerrier et nationaliste ; c'est beau le foot quand même, ça réveille des instincts trop longtemps enfouis.

Bref, je me demande depuis un petit moment ce que chantent les voix. En gros, je comprenais : "Bala-laïka, Excelsis Deo, We are the Champions..." Mais je n'étais pas tout à fait sûr que ce fût bien cela. Alors j'ai fini par craquer et par aller fureter dans la précieuse Wikipédia.

Voilà le résultat (je n'étais pas très loin) :

Ce sont les meilleures équipes
Sie sind die allerbesten Mannschaften
The main event

Die Meister, Die Besten, Les Grandes Equipes, The Champions

Une grande réunion
Eine grosse sportliche Veranstaltung
The main event

Ils sont les meilleurs
Sie sind die besten
These are the champions

Die Meister, Die Besten, Les Grandes Equipes, The Champions
Die Meister, Die Besten, Les Grandes Equipes, The Champions

Vous aurez remarqué que le texte (de qualité) est un mélange de français, d'allemand et d'anglais, les langues officielles de l'UEFA. (Perso, j'aime beaucoup : "
Eine grosse sportliche".)

Pour les fans, le MP3 de l'hymne est dispo ici.



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27 octobre 2005 4 27 /10 /octobre /2005 00:00

Les poilus, ce sont ces combattants des tranchées, ces victimes absurdes de la Première Guerre mondiale, dont le quotidien est si bien décrit dans Le Feu, d'Henri Barbusse.

Chaque 11 novembre, ils sont donc à l'honneur.

Mais combien sont-ils aujourd'hui, à pouvoir se prétendre rescapés de l'enfer de 14 ?

Réponse du 9 novembre 2004 :
Eh bien, ils sont 15 et tous plus que centenaires. Chacun vit dans un département différent. Je vous laisse découvrir leurs noms...


Mises à jour successives
:

13 janvier 2005
L'un des 14 derniers poilus de la Première Guerre mondiale, Albert Piton, est disparu.

7 février 2005
"C'est bizarre, mais dès le départ, j'avais le sentiment que je ne pouvais pas mourir à la guerre."
Charles Binet, l'un des 13 derniers "poilus" de la première guerre mondiale, est décédé dans la nuit de mardi à mercredi, à l'âge de 108 ans. Il déclarait, il y a peu, "remercier le gouvernement" de prendre soin de sa santé "en augmentant sans arrêt le prix du tabac".

7 avril 2005
Charles Kuentz, l’un des 12 derniers poilus, est mort.

24 avril 2005
Léon-Alfred Navarre, l'un des 11 derniers "poilus" de la Première Guerre mondiale, est décédé dans le Tarn, à l'âge de 105 ans.

19 mai 2005
L'un des 10 derniers "poilus" de la Première Guerre mondiale, Claude-Marie Boucaud, est décédé mardi, à l'âge de 109 ans. Avec le décès de M. Boucaud, il ne reste plus que neuf "poilus" encore en vie, tous centenaires, sur les 8,5 millions de soldats mobilisés durant ce conflit.

2 septembre 2005
André Debry, l'un des 9 derniers « poilus » de la Première Guerre mondiale, est décédé mercredi à l'âge de 107 ans, à Argenton-sur-Creuse (Indre).

27 octobre 2005
René Moreau, l'un des 7 derniers "poilus" de la guerre de 1914-18 est décédé mercredi à Angoulême, a-t-on appris jeudi auprès de l'Office des anciens Combattants de la Charente.
Il ne reste donc plus que 6 anciens soldats de la première guerre mondiale actuellement en vie.

Remarque :
Je vous laisse rayer les noms sur la liste initiale.
J'en ai loupé deux : le 15e et le 8e. Si quelqu'un a des infos...
Enfin... L'année 2005 aura été longue pour ces braves. Le compte à rebours est effrayant...

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9 octobre 2005 7 09 /10 /octobre /2005 00:00
Le temps universel coordonné est le standard international qui sert à définir l'heure légale sur un territoire donné. Il faut ajouter ou retrancher un certain nombre d'heures à ce temps universel coordonné, selon le fuseau horaire sur lequel on se trouve, pour obtenir l'heure officielle d'un Etat.

Très bien. Mais pourquoi nomme-t-on cette norme internationale "UTC" ?
Que je sache, en français, on parle de "Temps Universel Coordonné", ce qui correspond à l'acronyme TUC.


Vous allez me dire : "Mais que tu es sot, il s'agit d'une norme internationale. C'est donc l'appellation anglaise qui sert de référence."
OK, sauf qu'en anglais on dit : "Coordinated Universal Time", ce qui correspond à l'acronyme CUT.



Comment donc en est-on arrivé à ce sigle bâtard qu'est UTC ? Eh bien, par un merveilleux compromis. Pour faire universel, on a choisi un sigle qui ne correspondait exactement à aucune langue, mais qui correspondait approximativement à un très grand nombre. C'est beau le multilatéralisme.

[Merci à Nessouille pour cette découverte.]
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1 octobre 2005 6 01 /10 /octobre /2005 00:00
Non. Notre premier ministre est un vil usurpateur : il arbore une particule postiche ! C'est ce que révèle une étude approfondie du magazine Point de Vue, spécialiste des aristos de tous bords. Comme je ne lis plus ce joli magazine depuis que je ne déjeune plus chez ma grand'mère tous les midis, j'ai appris cela dans Libération.

(NDLR : on frise là un niveau d'intertextualité digne de Borges.)


Bref, tous les spécialistes sont clairs : Dominique n'est qu'un Galouzeau dont la famille n'a jamais été anoblie ; il n'existe pas de "baron de Villepin".

Cependant, notre deuxième ministre Nicolas Sarkozy est lui un véritable noble, puisque les Sárközy von Nagy-Borsa ont des titres de noblesse fraîchement importés de Hongrie, et octroyés par Sa Majesté l'empereur Ferdinand II en 1628. Il est donc étonnant que Monsieur Von Nagy-Borsa fasse preuve de si peu de noblesse en spammant à tours de bras les internautes de la France entière.


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11 septembre 2005 7 11 /09 /septembre /2005 00:00
Charles Quint est connu en Espagne sous le nom de "Carlos Quinto", ce qui signifie (à peu de choses près) "Charles Quint", autrement dit "Charles n°5". Jusque là tout va bien, mais ça va se compliquer...

Je suis récemment allé visiter El Escorial, près de Madrid, et ce palais abrite le Panthéon des rois d'Espagne ("Panteón de Reyes"). Dans cette salle on trouve les tombes de tous les rois d'Espagne depuis 500 ans (à l'exception de celles de Philippe IV et de Ferdinand VI, mais dans le cas présent on s'en fout un peu). On a ainsi commencé à y entreposer une collection de rois morts en commençant par... Charles Quint. Pourquoi pas ? Il fallait bien commencer par quelqu'un.

On voit ainsi une magnifique plaque dorée, sur laquelle sont gravés en latin les mots :

CAROLVS V
IMP. ET REX
ce que je m'empresse de traduire grâce à ma maîtrise parfaite du latin : "Charles V, empereur et roi".

Suivent les tombes de Philippe II, III et IV. OK. Sauf que sur la colonne de tombes qui suit, on trouve celles de Charles II et de Charles III :


Les tombes ont-elles été rangées dans le désordre ? Non : Charles Quint fut bel et bien roi d'Espagne avant Charles II et III. Mais alors, par quelle aberration administrative les rois espagnols ont-ils pu régner dans le désordre ? Rassurez-vous, aberration il n'y a pas ; incohérence seulement. En fait, Charles Quint cumulait les mandats. Il était à la fois roi d'Espagne ET empereur du Saint Empire romain germanique. Or, s'il était bien le premier Charles à régner en Espagne (Carlos I), il était en revanche le cinquième Charles à diriger le Saint Empire (Carolus V). Comme c'est plus la classe d'être empereur que roi, c'est son matricule d'empereur qui lui est resté comme petit surnom. D'où son passage à la postérité sous le nom de Charles Quint.
 
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