Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Citation 1

"Quand on aime la vie, on ne lit pas. On ne va guère au cinéma non plus d'ailleurs. Quoi qu'on en dise, l'accès à l'univers artistique est plus ou moins réservé à ceux qui en ont un peu marre."

Michel Houellebecq

Recherche

Citation 2

"Il n'est pas possible que, de gens qui ont besoin de parler et de gens qui ont besoin d'entendre, ne naisse pas un style"

Lopez dans L'espoir, d'André Malraux
19 janvier 2005 3 19 /01 /janvier /2005 00:00

Aujourd'hui, en France et dans l'immense majorité des pays du monde, l'année civile commence le 1er janvier. Mais il faut bien garder à l'esprit que le début de l'année relève d'un choix purement arbitraire.

Pour les Gaulois et leurs druides, le début de l'année était marqué par le 1er quartier de lune après le solstice d'hiver. Pour les Romains d'avant Jules César, l'année commençait le 1er mars. Pourquoi le 1er mars ? Mystère... Mais cela explique l'origine du nom des mois de septembre (septième mois), octobre (huitième mois), novembre (neuvième mois) et décembre (dixième mois). La réforme du calendrier romain, opérée par Jules César en 46 avant notre ère, a donné naissance au calendrier julien qui, entre autres choses, fait commencer l'année le 1er janvier, date d'entrée en fonction des consuls. Cela n'explique pas pourquoi les consuls entraient en fonction le 1er janvier... Ma conviction personnelle est qu'ils se débrouillaient pour entamer leur "mandat" avec le rallongement des journées, donc le plus vite possible après le solstice d'hiver ; et comme tant qu'à y être, c'est plus simple de commencer le premier du mois, ils ont opté pour le 1er janvier.

Au cours de l'Histoire de France, la date officielle du jour de l'an a beaucoup varié.  Aux VIe et VIIe siècles, l'année commençait le 1er mars. Sous le règne des Carolingiens, l'année commençait à Noël dans tout l'empire franc. Et sous le règne des Capétiens, le 1er de l'an était la fête de Pâques (du XIIe au XVIe siècle). Dans certaines régions, c'était même le 25 mars (jour de l'Annonciation), d'où les poissons qu'on offrait le 1er avril, en guise de cadeaux de jour de l'an. Enfin, en 1564, Charles IX rend obligatoire le 1er janvier comme date du début de l'année. A noter que pendant la Première République, l'année commençait légalement le jour de l'équinoxe d'automne, date de la proclamation de ladite République.

Pour conclure, apprécions à sa juste mesure le fait suivant. Le mois de janvier est le mois de Janus, dieu à deux visages, dont l'un regarde vers l'arrière et l'autre vers l'avant. Ainsi la place du mois de janvier, à la jonction de l'année passée et de l'année future, semble tout à fait appropriée.

 

Repost 0
17 janvier 2005 1 17 /01 /janvier /2005 00:00

Débouchez une bouteille de vin, à l'aide d'un tire-bouschtroumpf (ou d'un schtroumpfe-bouchon). Récupérez le bouchon de liège (voire de plastique, par les temps qui courent) et observez bien sa forme. Ah ! Ah ! Je ne rêve pas : le bouchon n'est pas cylindrique. Il est plus large en bas. Il est légèrement tronconique. Un peu comme un abat-jour, en beaucoup moins exagéré.

 

Alors ça peut être utile pour les malpropres dans mon genre qui utilisent cette dissymétrie pour reboucher la bouteille en retournant le bouchon ; mais comment expliquer cette forme particulière ?

J'ai posé la question autour de moi et j'ai obtenu toutes sortes de réponses : c'est la pression à l'intérieur de la bouteille, c'est la vapeur de vin qui gonfle le liège, etc. Rien de bien convaincant... Alors j'ai fait appel à un véritable professionnel : Monsieur Hugel. Et il m'a tout expliqué :

 

Cher Monsieur Lagier,
 
La réponse est simple. C'est la bouteille elle-même qui a un diamètre évasé vers le bas au niveau du col ; cela représente 1 à 2 mm de plus au niveau bas du bouchon par rapport au niveau haut.
 
De ce fait, au moment du débouchage, le bouchon aura à peu près la forme du goulot de la bouteille.
Ce caractère légèrement tronconique permet d'ailleurs au bouchon de mieux se maintenir en place.
 
Un petit conseil personnel pour finir : après ouverture, ne replacez jamais le bouchon sur la bouteille dans le sens inverse (c'est à dire petit diamètre en premier) car cela risque de communiquer au vin des mauvais goûts. Un simple bouchon synthétique pourra faire l'affaire.
 
Salutations respectueuses,
 
Marc HUGEL

 

Ce qui ne se voit pas à l'intérieur se voit parfois à l'extérieur. Merci Monsieur Hugel.

Repost 0
14 janvier 2005 5 14 /01 /janvier /2005 00:00

J'entends dire, ici ou là, que la bande dessinée se serait élevée au rang de neuvième art. J'entends également parler du cinéma comme du septième art. Très bien, mais entre les deux, il y a quoi ?

J'imagine assez bien que les six premiers arts sont des arts antiques, genre la gouache ou la pâte à modeler... Mais qu'est-ce donc que le huitième art ?

Je pensais dur comme fer que c'était la photographie. Eh bien non : selon Le Monde 2 du 8 janvier 2005, ce serait la télévision ! Cela est d'ailleurs corroboré par la précieuse encyclopédie Wikipedia et le beaucoup moins précieux magazine VSD.

Etrange... mais pourquoi pas ? Après tout, cela reste très arbitraire. Hegel avait classé les 6 Arts (architecture, sculpture, peinture, musique, danse, poésie) selon des critères très personnels ; et depuis, tout le monde se prend pour Hegel... Sauf que le débat n'est pas tout à fait clos. En effet, si l'on en croit Wikipedia, la télévision serait en concurrence avec l'art dramatique (le jeu de l'acteur) pour le rôle convoité de huitième art. Cela pourrait sembler mieux choisi, même si cet art est intimement lié au théâtre (forme d'expression de l'art poétique) et au cinéma.

Mais la discussion ne s'arrête pas là et les incohérences demeurent. Bon nombre de gens considèrent que le huitième art est... la photographie, ah ah ! Notamment le journal Le Monde qui utilise dans ses colonnes le terme de huitième art, aussi bien pour désigner la photographie que la télévision... OK, mais si on y réfléchit, l'invention de la photo remonte à 1816 alors que celle du cinéma date de 1895 : il serait donc absurde de croire que la photo puisse être 8ème alors que le cinéma est 7ème au "classement" des arts.

Arrêtons là ces élucubrations taxinomiques. Je laisse le dernier mot aux correcteurs des Dicos d'or (voir le corrigé de la question 4), qui considèrent que le huitième art est bien la télévision. Chacun prêche pour sa paroisse.

Repost 0
3 janvier 2005 1 03 /01 /janvier /2005 00:00

Au sein du gouvernement Raffarin III, Nicolas Sarkozy était "ministre d’Etat, ministre de l’économie, des finances et de l’industrie". Pourquoi "ministre d'Etat" ? Les autres ministres ne l'étaient pas...

En théorie, il n'y a pas de hiérarchie au sein du gouvernement. Nicolas Sarkozy n'était donc qu'officieusement numéro 2 du gouvernement. En France, le titre de "ministre d'Etat" est un titre purement honorifique, destiné à une personnalité politique un peu à part. En général, il s'agit d'honorer un ministre qui dirige un grand parti, ou qui est au-dessus de tout clivage politique. Or à l'époque, Nicolas Sarkozy n'était pas encore présiedent de l'UMP et était déjà empêtré dans les guéguerres partisanes. Alors ?

Alors il s'agissait de le mettre en avant et, accessoirement, de le rémunérer un peu plus que ses pairs du gouvernements. Et puis, en termes de protocole, le ministre d'Etat vient s'insérer entre le Premier ministre et les autres ministres. Voilà : beaucoup de bruit pour pas grand chose finalement.

A noter, dans la liste des ministres d'Etat de la Cinquième République, la présence d'Edouard Balladur, de Valéry Giscard d'Estaing et d'André Malraux.

Repost 0
14 décembre 2004 2 14 /12 /décembre /2004 00:00

Le cerf-volant est un objet joli qui vole dans le ciel au bout d'une ficelle.

Mais c'est aussi un insecte bizarre et cornu qui vole par ses propres moyens.


Cerf-volant ou lucane

Le coléoptère tient son nom de ses mandibules qui ressemblent (paraît-il) à des cornes de cerf. Voilà qui est à peu près clair.

Mais qu'en est-il du jouet antique et virevoltant ? L'origine de l'appellation "cerf-volant" pour désigner une toile volante reste obscure. Même le dictionnaire de l'Académie française fait preuve de prudence. Il hasarde cependant une explication étonnante.

Le mot serait une déformation phonétique de "serpe-volante", qui signifiait "serpent-volant". Car les premiers cerfs-volants figuraient des dragons ou des serpents. Même la Bible (Isaïe, 30, 6) en atteste... A force de prononcer vite fait "serpe-volante serpe-volante serpe-volante", on aurait fini par assimiler ce mot à celui de "cerf-volant" qui désignait déjà le scarabée stylé dont il est question plus haut. D'où cette graphie abusive qui a traversé les siècles.

Repost 0
10 décembre 2004 5 10 /12 /décembre /2004 00:00

C'est Georges Moustaki qui me l'a appris dans l'émission Campus, diffusée hier soir sur France 2. Moustaki a une grande bibliothèque pleine de livres et il connaît plein de choses intéressantes.

Il a expliqué l'origine du nom des fameux cigares cubains Monte-Cristo. La petite histoire vaut qu'on s'y attarde, pour peu que l'on s'intéresse au pouvoir évocateur de la littérature...

Il était une fois des travailleuses cubaines qui roulaient des cigares à la main dans les fabriques de la Havane. Elles travaillaient en silence, avec dévotion, et leur silence finit par leur peser. Leurs contremaîtres, hommes sévères mais justes et cultivés, plutôt que de rythmer leur travail pénible à grands coups de tambour, décidèrent de leur lire des histoires à haute voix. Dès lors le temps passa plus vite pour les rouleuses de cigare et la qualité de leur travail s'améliora sensiblement. Les contremaîtres se relayaient pour lire pendant des heures entières ; les ouvrières écoutaient et rêvaient d'aventures. Une histoire parmi toutes les autres retint particulièrement leur attention : celle du Comte de Monte-Cristo, écrite par Alexandre Dumas. Le roman leur fit un tel effet qu'elles écrivirent à Dumas pour lui demander l'autorisation d'appeler leurs cigares du nom de Monte-Cristo. L'histoire ne dit pas si celui-ci accepta. Mais, bon gré mal gré, ses mots lui ont échappé et ont traversé l'Atlantique.

 

Repost 0
8 décembre 2004 3 08 /12 /décembre /2004 00:00

Les courses d'athlétisme (400 m, 800 m, etc.) se disputent toujours dans le sens trigonométrique (autrement dit, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre). Cet usage est d'ailleurs entériné par la règle 163.1 de l'IAAF (International Association of Athletics Federations) : "The direction of the running is left-hand inside". En français : "Les épreuves se courent avec la corde à gauche".

Pourquoi toujours dans ce sens et jamais dans l'autre ?

Personnellement, je me mets spontanément à courir dans le sens trigonométrique. D'où cela me vient-il ? Du champ magnétique terrestre ? Du fait que mon cœur est à gauche ? Du sens de rotation de la Terre ? Je ne le crois pas...

L'usage en cours dans les compétitions d'athlétisme semble remonter à celui qui est en cours depuis longtemps dans les courses de chevaux. C'est une quasi-certitude. Mais cela n'explique pas pourquoi les chevaux courent dans ce sens... Et il n'y a pas que les chevaux : il y a aussi les chiens et les joueurs de base-ball.

J'ai eu beau chercher une explication, je n'ai pas trouvé grand chose. Mais je suis finalement tombé sur un blog de facture tout à fait borgesienne, où il est question d'un article publié par un certain Hideaki Fukami dans le magazine Wedge de septembre 2004 (volume 16, numéro 9, page 69). Dans cet article, l'auteur défend une thèse originale, sur l'origine du sens de rotation sur les pistes d'athlétisme.

Pour ce qui ne maîtrisent pas la langue de Beckham, je synthétise le propos de M. Fukami :

- Aux premiers Jeux olympiques d'Athènes, en 1896, les épreuves se couraient dans le sens des aiguilles d'une montre. Mais les athlètes ont exprimé leur gêne : bizarrement, pour eux, courir dans ce sens n'était pas naturel. Le sens des courses dans les compétitions internationales a donc été inversé à partir de 1913.

- M. Fukami a mené une expérience sur quatre athlètes universitaires. Il leur a fait courir des 400 m dans les deux sens. Au final, les athlètes mettent 2 secondes de plus en moyenne pour courir le 400 m dans le sens des aiguilles d'une montre.

Cependant on peut objecter que les athlètes, ayant l'habitude de s'entraîner dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, ont acquis des automatismes techniques.

- Mais M. Fukami défend la thèse d'une préférence innée pour ce sens de rotation. Selon la préfecture de police de Hyogo (je ne sais pas du tout où c'est), 80% des criminels en fuite s'enfuiraient vers la gauche.

- L'origine de ce phénomène serait neurologique. C'est l'hémisphère droit du cerveau qui commande la perception de l'espace. Dès lors, l'hémisphère droit contrôlant la moitié gauche du corps, la vision serait meilleure du côté gauche. Et cette meilleure visibilité à gauche nous encouragerait à courir vers la gauche...

Je précise que je n'ai pas retrouvé l'article de M. Fukami. Une part du mystère demeure donc.

 

Précision de dernière minute : J'ai envoyé un e-mail à l'auteur du blog pour qu'il me renseigne sur ses sources. Il m'a répondu ceci :

----Message d'origine----
De: "Jon Miller"
jon@gemba.com
A: jonathanlagier@netcourrier.com
Sujet: Wedge Magazine
Date: Wed, 8 Dec 2004 08:16:15 -0800

Dear Jonathan,

Wedge Magazine is a magazine in Japanese distributed on bullet trains in
Japan. As far as I know it is not available in English. It is a short
article, and my summary covers most of the points in the article. Thanks
for your interest.

Jon

Repost 0
3 décembre 2004 5 03 /12 /décembre /2004 00:00

Je m'en suis aperçu au musée d'Orsay ; j'en ai eu la confirmation devant la gare de Lyon :

Sur certaines horloges (et non des moindres), le nombre quatre est représenté par le symbole "IIII" et non pas par "IV" comme le voudraient les règles de numération romaine. Cela se vérifie également sur le cadran de certaines montres de luxe.

 

Horloge du musée d'Orsay
                 Horloge du musée d'Orsay                  Montre quelconque mais chère

 

Mais pourquoi donc une telle aberration ?

Ne pourrait-on pas faire comme ci-dessous ?

Ci-dessous

Ci-dessus

Cela semblerait plus logique... Plus logique peut-être, mais moins clair et surtout moins esthétique.

Moins clair, car les dyslexiques et autres riqueraient d'être perturbés par la ressemblance graphique entre le quatre et le six.

Moins esthétique surtout, car la graphie "IV" ne parvient pas à équilibrer la graphie très lourde et nécessaire du "VIII". Regardez l'image ci-dessus : la partie gauche du cadran est beaucoup plus chargée que la partie droite. D'où la rupture harmonique : c'est moche.

Telle est l'origine de la tradition propre aux horlogers d'utiliser la graphie "IIII", depuis l'apparition des premières horloges à la fin du XIIIe siècle. On parle d'ailleurs de "quatre d'horloger".

Au passage, Big Ben a un "IV" sur son cadran, ce qui prouve bien que les Anglais n'ont pas le sens de l'équilibre :


Big Ben : le sens de l'équilibre ?

 

Question subsidaire : d'où sort cette dernière image ?

Repost 0
30 novembre 2004 2 30 /11 /novembre /2004 00:00

Méfiez-vous, peuple de France, car on vous ment.

De faux prophètes diffusent des idées fausses sur l'origine des mots. Tuons ces racontars dans l'œuf ! Dénonçons la vilénie du mensonge et dispensons la grâce de la vérité !

 

Prenons deux exemples bien choisis.

- Quelle est l'origine du mot "gringo" (qui désigne un Américain anglo-saxon du point de vue des Latino-Américains) ?

- Pourquoi dit-on "O.K." ?

 

Ce que certains racontent :

- Pendant la guerre entre les USA et le Mexique, les soldats états-uniens portaient des uniformes verts ("green" en anglais). Les Mexicains, qui ne savaient pas très bien parler anglais et qui voulaient que les méchants Americains s'en aillent, leur criaient alors : "Green go !". L'expression est restée phonétiquement, d'où le terme espagnol "gringo".

- Au cours de la guerre de sécession, O.K. signifierait "zero killed" ("zéro tué"). Le chiffre zéro se lit O en anglais. Si personne n'est tué, tout va bien, donc c'est O.K.

 

Ce qu'il en est vraiment :

- Le mot espagnol "gringo" désigne depuis le XVIIIe siècle un étranger qui parle mal l'espagnol. Son origine la plus probable est le mot espagnol "griego" qui signifie "grec".

- L'expression O.K. vient de l'anglais des États-unis. Il existe plusieurs théories dont la plus plausible serait la suivante. L'expression serait la déformation graphique de "all correct" qui signifie "tout est bien". On a transformé "all correct" en "oll korrect", dont les initiales sont O.K. La première trace de cette transformation se retrouve à Boston en 1839.

Repost 0
26 novembre 2004 5 26 /11 /novembre /2004 00:00

Il est des expressions toutes faites à demi mystérieuses : "au fur et à mesure" ; "peu ou prou".

Bien sûr, le sens de la moitié intelligible nous éclaire sur le sens de la moitié obscure. Mais que signifient exactement ces monosyllabes onomatopéiques que sont "fur" et "prou" ?

La réponse me vient du Petit Robert. Le Petit Robert est un dictionnaire formidable. J'y trouve presque à chaque fois mon bonheur. Il faut que je me décide à jeter mon Petit Larousse.

"Fur" est un mot tombé en désuétude au XVIIIe siècle qui désigne un taux, une proportion, une mesure. D'où l'expression redondante...

"Prou" vient de l'ancien français "proud" qui signifie "beaucoup". D'où son antagonisme avec "peu"...

Repost 0