Questions fondamentales et désuètes
Le métro parisien est une vraie chance pour tout être un peu curieux et refroidi par le quotidien. Chaque matin, chaque soir, y défilent des personnages plus étranges les uns que les autres.
Ce matin, c'est une femme qui a éveillé mon intérêt. La trentaine légère, petite, brune, coupée au bol. Assez vilaine, mais pas trop. Elle tient dans sa main gauche un parapluie d'enfant, rouge. Une fois entrée dans la rame, elle a poussé comme un cri d'oiseau et j'ai levé les yeux. Elle penche la tête vers l'avant, les yeux tournés vers le sol et le sourire aux lèvres. Elle pousse des petits cris : "Gouzi-gouzi-gouzi". Je suis surpris ; je réfléchis...
Je suis trop bête : elle s'adresse à un enfant ! A un enfant trop petit pour que je puisse l'apercevoir depuis mon siège. Elle lui sourit, lui fait des mines, feint de le réprimander en agitant son index tendu. Elle garde les yeux tendus vers l'enfant, multiplie les "gouzigouzi" et les "trouloulou-loulou" à son intention. Je n'entends pas l'enfant rire en retour. Par moments, la jeune femme se fige en une attitude préoccupée. Puis le manège reprend.
Je ne les ai pas vus entrer ; j'ai hâte de les voir sortir. Je veux savoir si c'est une petite fille ou un petit garçon qui l'accompagne. Vu le parapluie rouge, je parie sur une petite fille.
Mais la jeune femme sort seule à la station Etienne Marcel.