On a tort de se réjouir d'une légère baisse du taux de chômage : cela n'a aucun sens. Le taux de chômage n'est qu'un faible indicateur de l'activité d'un pays. Pris isolément, il n'a qu'un intérêt mineur.
Prenons un exemple caricatural. Imaginons une société où la mobilité des travailleurs est très élevée : un salarié travaille un an pour un employeur, quitte cet emploi et en retrouve un autre au bout d'un mois. Dans ce cas précis, on peut très bien se retrouver dans une situation où le taux de chômage reste supérieur à 8% en permanence. (Il suffit que tous les mois, un douzième de la population se retrouve au chômage.) Pourtant, on peut légitimement considérer que l'économie tourne au "plein emploi". La période transitoire d'un mois occasionne un chômage qui n'est que "frictionnel" (elle correspond au temps nécessaire pour retrouver un emploi). La durée moyenne de chômage ne dépasse pas un mois, ce qui est très faible.
A l'inverse, on peut considérer une autre société avec un même taux de chômage de 8%, mais sans "turnover". Autrement dit, dans cette société, ce serait toujours la même tranche défavorisée de la population qui serait au chômage, et ce de manière durable (voire pour la vie entière). La durée moyenne de chômage serait alors illimitée.
Bref, on l'aura compris grâce à cet exemple extrême : il est idiot de disserter dans les médias sur l'évolution de ce fameux taux de chômage. Le véritable enjeu est celui de la durée moyenne du chômage. Mais bien sûr, on n'en parle jamais...